Des Essarts, t. I, p
52 <:HÀP. XV. — BAÏLLY.
Avons représenté à l'accusé qu'en sa qualité de maire alors de Paris, instruit, comme il Tétait, de tous les événements qui s'y passaient, il n'a pu ignorer, à l'époque de cette proclamation, que les rassemblements qui avaient lieu au Champ de Mars, n'étaient composés que de citoyens paisibles et sans armes, qui s'y étaient rassemblés pour y signer une pétition concernant les événements qui avaient rapport à la fuite du ci-devant roi; que ce rassemblement n'avait pour but que de donner plus d'éclat et d'importance à la pétition que les bons patriotes de Paris voulaient adresser à l'Assemblée lors constituante, pour arrêter les projets liberticides de ceux qui cherchaient à excuser le ci-devant roi dans sa fuite ; qu'enfin le peuple, alors, ne faisaitqu'excercer un droit de souveraineté qu'aucune autorité constituée ne pouvait, sans blesser les droits delà nature et de la raison, lui disputer, et qu'il paraîtra inconcevable que son premier magistrat, instruit de ses motifs, jouissant alors de toute sa confiance, loin de se réunir à lui, s'y soit au contraire opposé de la manière la plus cruelle en faisant déployer la force des armes.
R. Qu'il a toujours respecté infiniment les droits du peuple, qu'il s'est exposé avec courage pour les faite reconnaître, qu'il était indigné, comme tous les bons citoyens, de la fuite du ci-devant roi, qu'il ignorait par qui et comment le rassemblement était composé, qu'on ne lui avait point fait part de son objet, et que la municipalité ni lui ne l'avaient connu précisément que par les ordres exprès de l'Assemblée nationale, notifiés la veille, pour dissiper le rassemblement; que le principe de la municipalité était la soumission au corps constituant, qu'il n'a été donné aucun ordre par la municipalité ni par lui pour déployer la force, et que la garde nationale, provoquée, a tiré d'elle-même et sans ordre.
On ne s'en tenait pas à ses actes comme maire, on le suivait après sa démission dans sa retraite, on recherchait ses relations, et au besoin on lui faisait un crime de son inactivité.