SON INTERROGATOIRE
D. Si depuis cette époque (l'affaire du Champ de Mars), tant qu'il est resté maire de Paris, même depuis qu'il a cessé de l'être, il n'a pas eu, soit avec Louis, soit avec Marie- Antoinette, des relations particulières, et s'il n'a pas eu d'intimité avec Lafayette et Pétion ?
R. Qu'il n'a jamais eu avec Louis et Antoinette que des relations de place et purement officielles ; que depuis qu'il est sorti de la mairie il n'a pas reparu aux Tuileries et ne les a pas revus; qu'il n'a jamais eu avec Lafayette d'autres rapports que ceux qui existaient nécessairement entre les deux places, et qu'à l'égard de Pétion, il n'a jamais eu de relations avec lui.
D. Si lorsqu'il était maire, il n'a pas cherché et ne s'est pas servi de son autorité pour empêcher les sociétés des Cordeliers et des Jacobins de s'assembler, et si, en diverses circonstances, il ne s'est pas plaint amèrement de ces sociétés ?
R. Jamais il n'a eu cette intention, et ne se rappelle point s'en être plaint.
D. Comment, après s'être montré au commencement de l'Assemblée constituante, notamment dans la journée du Jeu de Paume, un deszélés défenseurs des droits du peuple, après avoir reçu de ce même peuple les marques les plus honorables de sa gratitude et de sa reconnaissance, puisqu'à l'époque du 14 juillet 1789 il l'avait solennellement proclamé son maire, il a pu, dans le feu de la Révolution, se déterminer à rester, pour ainsi dire, ignoré et abandonner la plus belle des causes.
R. Que depuis le commencement de la Révolution il n'a pas varié un instant dans ses principes et dans ses sentiments, toujours enthousiaste de la Révolution, eu suivant avec intérêt les progrès, et en désirant ardemment le plein succès; qu'il n'a quitté la mairie, en 1791, que parce que sa santé était délabrée, et que ses forces ne suffisaient plus à ses devoirs; qu'il a cru que l'obscurité convenait à un citoyen qui sortait des grandes places, mais qu'il a suivi la Révolution de ses vœux, qu'il l'a aidée d'offrandes proportionnées à sa fortune ; que dès que la République a été décrétée, il s'est empressé d'y
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adhérer* en signant l'adresse des citoyens de Nantes à la Convention, le 29 décembre 1792.
IX S'il connaît les motifs de son arrestation et où il a été arrêté?
R. Ne pas connaître les motifs de son arrestation et qu'il a été arrêté à Melun.
D. Quelles sont les personnes qu'il a le plus habituellement vues et fréquentées, et avec lesquelles il était le plus en intimité?
R> Qu'il est resté habituellement chez lui , où il a vu les amis qu'il avait avant la Révolution et qu'il a conservés, et entre autres les citoyens Cailhava et Mérard, ses amis intimes et particulière, et qu'à Tégard des gens en place ou qui pouvaient jouer un rôle dans les affaires, il rt'a conservé avec eux ûucuiie espèce de relations1.
Procès.
L'acte d*acôusation de Fouquier-Tinville était d'une violence extrême : Bailly, d'accord avec Lafayetlc, avait favorisé l'évasion de Capet, et l'eût suivi si ce projet avait réussi. Après l'arrestation de Capet à Varennes, le peuple* « et surtout ceux qui ne voulaient pas qu'une portion connue bous le nom de bourgeoisie s'emparât du crédit des deux ordres anéantis,» ayant manifesté hautement son opinion sur ce fait, Bailly, c servilement vendu aii tyran *, avait étouffé la voix des patriotes. Plusieurs ayant, conformément à la loi, déclaré à la municipalité qu'ils entendaient s'assembler au Champ de Mars pour y rédiger une pétition, le maire avait feint d'igno-