Jean Fournier (quatorze ans), 20 ans de dé
tention (voy. p. 360).
Pluviôse.
4. (25 janvier). — Pierre Reytz, curé de Lusillac, accusé d'avoir rétracté son serment : il donnait pour excuse qu'il l'avait fait dans un premier mouvement, en apprenant qu'on avait renversé les autels. Comme, d'ailleurs, il prouvait qu'il avait rempli ses devoirs de bon patriote (W 314, dossier 438, pièce 9), on se borna à le déporter.
0. (25). — Charles-Alexis de Charmes1, fils naturel de Sillery, ancien aide de camp de Dampierre, mis aux arrêts par le général Ferrand pour avoir fait tirer le canon sans ordre. A la nouvelle que Dampierre était blessé, il rompit ses arrêts et fut pour cela destitué. Dampierre mort, il était venu à Paris pour faire révoquer sa destitution. On l'accusa d'avoir contrefait la signature de Dampierre dans un certi-
1. Il figure dans la liste de M. Gampardon, comme dans les Hmaùlrm du tritribvnal révolutionnaire (ArchtTCs, W 551, n" 2) sous le nom de Dcscliarmes. Mais il signe Charmes ou de Charmes dans les pièces officielles (Archives, Vf 515, dossier 445, pièce 10).
ficat du général en sa faveur : ce qu'il nia. Il avouait seulement avoir mis la signature « Audouin, adjudant du ministre » à un passeport qui l'autorisait à rester quinze jours à Paris, mais il disait qu'il n'en avait pas fait usage1. Il n'en fut pas moins condamné, comme un simple faussaire, à huit ans de fers9. Détenu à ce titre, il fut enveloppé dans la prétendue conspiration de Bicétre, comme nous le verrons plus tard, le 8 messidor.
8. (27). — Etienne-Augustin Benoist, curé constitutionnel de Cunfin (Aube), accusé d'avoir tenu des propos contraires au recrutement et tendant à la dissolution de la Convention nationale8, ce qui faisait dire à Fouquier-Tinville : « qu'il offre une nouvelle preuve de l'impossibilité évidente que la tache originelle qui est incrustée dans tous les charlatans de la secte puisse jamais s'effacer » ; et Antonelle, renchérissant sur l'accusateur public, motiva ainsi son verdict :
« Certes, le confessionnal est déjà par lui-même une assez forte conspiration contre la raison, et ainsi contre la République, sans que le confesseur s'y montre lui-même conspirateur par des maximes, des plaintes, des conseils, des exhortations formellement contre-révolutionnaires et littéralement séditieuses.
« Ce délit est exécrable et seul suffit pour m'éclairer sur la criminalité perverse de ce véritable prêtre.
« En ma conscience l'accusé est convaincu \ »
Et pourtant il ne fut pas condamné à mort.
Le jury avait répondu négativement sur les propos relatifs au recrutement, et le tribunal lui-même
i. Archive», W 315, dossier 445, pièce 19*