‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 422 sur 451 · ACQUITTEMENTS. — PLUVIOSE · texte numérisé non relu

ACQUITTEMENTS. — PLUVIOSE

ture à ses poules et à deux chevaux des ottons de blé sans être rebattus, ce qui a dû priver le peuple d'une quantité considérable de ce grain précieux et de première nécessité; que Claude Eudeline a nié les faits, dans son interrogatoire, déclarant au surplus que ses occupations étaient trop vastes et trop multipliées pour lui permeltre de s'occuper des menus détails de sa maison ; mais comment ajouter foi à une pareille défense ? »

C'est ce que firent pourtant les jurés. Eudeline fut acquitté.

8 (27). — Jacques-Pierre Viénot, cordonnier, accusé de fraudes dans les fournitures : mais le fait ne fut pas jugé constant (Archives, W 316 dos. 454.)

12 (51). — Bernard Lefebvre, tambour-major, accusé de

propos contre le recrutement. (W 317, dos. 460.) L'accusation parut invraisemblable.

13 (lw février). — J.-Nicolas Toustadî, ci-devant procureur

du roi à Beaumont-Le-Roger, fut traité avec une remarquable indulgence. Parmi les pièces adressées à sa charge par quelque dénonciateur était un placard contenant celte lettre à Marat :

« Si la France, Monsieur, étoit entachée de dix hommes comme vous seulement, je la trouverais la plus à plaindre des nations.

« Oui, monsieur, un homme qui ne croit à la probité de personne est un homme qui n'en a point...

« J'en appelle à l'opinion des honnêtes gens, conséquemment aussi des sans-culottes et même de ceux dont on a surpris le vote pour vous faire nommer à la Convention nationale.

« Je les invile donc à vous révoquer, je leur en fais même un devoir, et à solliciter au moins votre détention pour la vie ; cette récompense, si digne de vos talents criminels, seroit, sans doute, un des

plus grands services quvils puissent rendre à la patrie et auquel je me ferois gloire d'avoir participé. » Signé : Toustain, assesseur du juge de paix dans le département de l'Eure.

A Paris, ce 20 septembre 1792, Tan IV de la liberté et le 1er de l'égalité. ( W 318, dossier 466, pièce 2.)

De cette pièce et des autres Fouqnier-Tinville tirait cette induction qu'il était l'un des agents de la faction conspiratrice qui existait à la Convention, un des plus ardents apôtres de Brissot, Pétion, Buzot..., (Ibid. pièce 28.)

Cependant il avait protesté contre des allégations de ce genre dans son interrogatoire. (Ibid. , pièce 14.) et il y avait au dossier des attestations de son civisme. Le jury l'acquitta ; mais le tribunal, ne le tenant pas moins pour suspect, prononça qu'il serait détenu jusqu'à la paix.

— J.-B. Poksard, accusé de propos contre-révolutionnaires, était acquitté simplement. (Ibid., dos. sier467.)

16 (4). — Pierre Horliac, canonnier de la section Bonne- Nouvelle à l'armée du Nord, arrêté comme ayant quitté son corps (il avait été envoyé à l'hôpital pour maladie), était accusé d'avoir chanté sur la route : « 0 Richard, ô mon roi! » — Il s'excusa sur son ivresse et fut acquitté sur la question intentionnelle comme ne l'ayant pas fait « méchamment et à dessein ». (W 319, dossier 479, pièce 8.)

18 (6). — L. Queldc, desservant de la Salpélrière, accusé de propos tendant à avilir les autorités, fut acquitté, mais détenu comme suspect jusqu'à la paix. (W 320, dossier 486.)

21 (9). — P.-H. Bertrand, L. Mahceaux, P. Journet, J.-L. Thirard, J.-Fr. Maréchal, accusés d'infidélités et de fraudes dans les fournitures. (W321, dossier 492.)

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