VIII. — TROUBLES DE COULOMMIERS
de la faveur et de l'intrigue; une jeunesse indiscrète qui décide souverainement; un despotisme exercé sur les opinions politiques... enfin le tableau mouvant de toutes les passions, de toutes les exagérations; un luxe scandaleux, une dépense folle, tous les jours deux tables : Tune, de quarante personnes, où les épaulettes décident des convives ; l'autre de soixante, pour tous ceux qui ont quelque place dans la maison, tandis qu'il y a dans les cantonnements des gentilshommes qui supportent toutes les privations et toutes les rigueurs de la saison. Mais si, après avoir examiné ce qui se passe sur la scène extérieure, l'œil attentif de l'observateur veut pénétrer jusque dans la coulisse et derrière la toile, on ne voit encore que des acteurs de théâtre.
Vous imaginez bien que c'est là où les femmes jouent le plus beau rôle. On n'aperçoit ni l'ébauche d'un vaste plan habilement conçu, ni ensemble dans les détails, ni liaisons dans les rapports. Tout est couvert du voile de la nullité la plus absolue. On appelle cela du secret, et on vous dit tout bonnement que rien ne transpire. Pour moi, je trouve que j'y vois trop clair...
Nous avons ici une grande quantité d'officiers de la marine, dont quelques-uns de votre connaissance... Tant que votre troupe ira bien, je vous conseille de ne pas l'abandonner.
(Archives, W 509, dossier 408, pièce 7.*
(Page 385.) Trovbto» 4e Coulommiers.
Lettre de Leduc, ancien chantre, à Cordier, député à la Convention.
Coulommiers n'est plus; Coulommiers, c'est un colombier plein d'animaux infects de toutes espèces, te/ que serpents, couleuvres, aspics, vipères, crapauds et lézards. 11 y
a encore quelques pigeons que ces vils animaux plume quand il en peuvi attrapa, tel qu'il est arrivé au pauvre Jumin. On lui a arraché quarante de ces plumes...
Il se plaint de la faiblesse des commissaires qui ont paru approuver la destruction de la société populaire, et insiste pour qu'un décret mande ce scélérat de curé. — Mais quelle preuve avait-on de sa complicité?
Des preuves, dites-vous, n'en avez-vous pas, quand en sa présence, dans le temple d'un Dieu de paix, il a souffert que deux citoyens soi* maltraill avec violence dans ce lieu saint?... 11 aurait fallu suspendre la municipalité et la dissoudre entièrement pour le bonheur public.
Cette municipalité est toute royaliste. N'est-elle pas coupable quand elle permet à un tas de femmes fanatisées et payl« peut-être par eux de régir* toute une ville? Encore hier, neuf du courrant, les femmes se sont assembla* au mépris des lois, se sont porté au ci-devant couvent des religieuses, ont forcé les gardiens de leur remettre les clefs; elles ont enlevé tous les tableaux qu'elles ont portés en pompe autour de la ville, avec les tembourgs et violons et au son de toutes les cloches et les ont déposé dans l'église paroissiale. Ces furies, dans leur délire, après la procession, elles se sont transportées en foule dans la maison du citoyen Le Roy, maire... [elles] voulaient sans doute l'assassiner1.
Quoique mon état est perdu, sans ressource, je n'en suis pas mois attaché à la Convention, à la République une et indivisible, jï périras, s'il le faut.
On annonce aujourd'hui la constitution pour en faire lecture dans le local Sainte-Foi (l'église paroissiale).
Dieu veuille bénir les travaux d'un si grand bienfait (sic) de la Convention. C'est Dieu, sur la montagne du Sinaï, qui donne la loi aux Israélites, au milieu des foudres et des tonner; que ce Dieu bienfaisant nous préservent, que celte loi salutaire ne soit pas brisée par Moysc, pour