DÉCRET DU 20 BRUMAIRE : LE CULTE DE LA RAISON
Suivent d'autres articles relatifs aux approvisionnements, à la sûreté générale, aux ûnances.
Ce n'était du reste qu'une ébauche à laquelle un ou deux mois de pratique devaient permettre d'apporter la dernière main.
En attendant, la Révolution consomma son œuvre dans le domaine religieux : c'est par là qu'elle commence. Après avoir poussé le clergé au schisme, on lui imposait l'apostasie; après avoir constitué une Église hors de l'Église, on supprimait toute Église. La Convention nationale, « sur la demande, des citoyens de Paris, » convertie en motion par un membre, avait décrété que « l'église métropolitaine > serait « désormais le temple de la Raison1 ; > décret qui, à trois jours d'intervalle, fut suivi d'un autre relatif à l'abdication des ministres de tout cultes — et le Conseil général delà Commune de Paris, qui savait, on l'a vu, renchérir en toute circonstance, arrêta de son côté, sur la motion d'Hébert, que les clochers devaient être abattus comme contraires à re'gatilé*:
Ces décrets avaient été rendus au milieu des scènes grotesques dont les habitants des communes voisines de Paris, affublés d'ornements sacerdotaux, venaient donner lespeclacle au sein de rAssemblée elle-même ; des déclara ] t ions de mariage de capucins ou autres, des abjurations de prêtres*. C'est le 17 brumaire (7 novembre) que l'évêque de
1. Décret du 20 brumaire (10 novembre 1793). Coll. du Louvre, t. XVI, p. 428.