‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 77 sur 451 · Archives de la Guerre. Procès Cu$tine · texte numérisé non relu

Archives de la Guerre. Procès Cu$tine

Je t'interpelle de me dire si mes observations sont justes ou fausses, si mon rapport est conforme au devoir d'un vrai républicain.

Tu as dit que j'étois payé par Pitt et Cobourg. Je méprise entièrement cette horde de brigands, coalisés avec les lâches généraux qui ont trahi aussi impunément la République.

Je te répète encore que tout citoyen salarié doit être surveillé strictement. Tu es le premier soldat, tu dois servir d'exemple, et si tu es vraiment patriote, tu iras bivouaquer au camp, au quartier général de l'armée que tu commandes ; si tu ne l'es pas, tu resteras en ville, car je t'assure qu'on est très las d'y voir les mascarades de tes trompettes se promener dans cette cité qui, sans toi, saura bien se. défendre. Laisse nos généraux commandans dans nos murs : la responsabilité de la garnison est le salut de ses habitants, du peuple, de la République.

Appelle-moi Italien, Espagnol; je te répondrai qu'un républicaiif est citoyen français; et si ma naissance t'inquiète, je m'estime un des fils de Brutus.

Voilà ;mes observations et ma manière de répondre d'un poste que j'occupe. Mon devoir est de ^surveiller avec activité mes concitoyens. Qu'on m'observe. tîr „r-

Signé : Calandiny1.

Les plaintes que Lamarlière portait contre ces insolences, les justifications qu'il opposait à ces attaques, ne faisaient que provoquer des récriminations plus violentes encore :

Le général Lamarlière imprime et répond qu'un nommé Callandini :

1° l'a déclaré suspect ; qu'il lui reproche :

2° de faire ouvrir les portes 10 fois par nuit;

3° de tirer de bons bataillons pour en mettre de mauvais ;

4° d'avoir répandu le bruit qu'il devait être ministre ;

1. Copie certifiée par Bouchotle, ibid.% 2* partie, pièce 28.

110 CIIAP. XVII. — FÉDÉRALISTES, GÉNÉUAUX, ETC.

5° de n'avoir point de relations avec les autorités constituées ;

6° de recevoir souvent des trompettes ennemis.

L'auteur du mémoire reprend tous ces griefs pour les fortifier et finissant par une allusion à la comparution déjà connue de Calandini devant Lamarlière, il ajoute :

Lamarlière a joué devant ce citoyen une scène dictatoriale, qui a mené h l'échafuud ou mis en fuite tous ceux qui s'en sont permis de pareilles1.

Les choses ne pouvaient pas durer ainsi. A Lille, les représentants du peuple près l'armée du Nord, Lesage- Senault et Duhcm lui-même, sentirent les premiers le besoin d'y mettre un terme. Ne voulant point prendre parti pour Lamarlière, ni donner les mains à l'étrange conduite d'un inférieur, comme Lavalelle, qui attaquait impudemment son supérieur, ils prirent un arrêté par lequel, « considérant que ces démêlés engendraient l'insubordination, ils suspendaient le général Lavalelle, mettaient en arrestation l'adjudant Dufraisse,ct ordonnaient quo Lavalelle et Lamarlière iraient rendre compte de leur conduite devant le Comité de salut public (22 juillet 1793)*. Par une lettre du même jour, ils écrivaient au Comité pour justifier leur décision, en dénonçant toutes les manœuvres de Lavalelle5 : il fallait que le scandale

1. Archives nationales l. /., 1* partie, pièce 40. Cf. une dénonciation détaillée de Calandini sans date. Ibid., 2" partie, pièce 27. Elle est postérieure de plus de quinze jours à la semonce que lui avait donnée Lamarlière.

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