brumaire, ibid., pièce
diny. Mais je dirai, avec la franchise d'un vrai sans-culotte, que ce Lamarlière n'a jamais été Tait pour notre liberté et qu'il étoit temps de lui retirer son commandement. Car il eût infailliblement donné des preuves éclatantes d'incivisme. Pendant cinq semaines que j'étois à son état-major, je l'ai connu pour l'homme le plus impudent, le plus orgueilleux et le plus inepte qu'on puisse trouver. Il n'avoit que le mot de République à la bouche, et chez lui tout retraçoit l'ancien régime. Il traitoit avec la dernière des duretés un homme qui ne fléchissoit pas le genou devant lui et semblable à un second Mardochée ', il eût souffert qu'on se prosternât devant son orgueil.
Maintes et maintes fois je l'ai vu chasser des officiers qui disoit-il, ne lui avoient pas parlé avec assez de respect. En un mot,c'étoit bien un second Dumouriez tout craché. Quant à ses correspondances avec Custines, je n'ai jamais vu que des lettres de service ; mais il étoit très possible qu'il ne nous fit pas voir ses billets doux.
Je me résume en le désignant comme l'homme le plus dangereux, le plus attaché au parti des grands, le plus incapable de gérer la place qu'il avoit; affectant une popularité qui n'avoit d'autre but que de se faire un paiti. Jamais il ne s'est fié aux camarades que j'avois de son temps. D'autant plus que nous ne l'avions jamais vu et que c'étoit la première fois que je lui parlois, lorsque le général Lavalette m'attacha, le 11 avril, à son état-major. Il ne me garda pas longtemps; car je fis le service au camp de la Magdelaine le 7 juin. Il me trouvoit, disoit-il, un air trop effronté, et il a même dit mille fois qu'il me renvoyoit parce que mon indiscrétion auroit pu le compromettre.
Certifié véritable sur la religion du serment,
Le sans-culotte Beauvoisins, Adjudant général de l'armée révolutionnaire du département du Nord ».