‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 2)Chapitre 118 sur 150 · II. LA LOI DU 8 NIVQSE AN IlL 2ia · texte numérisé non relu

II. LA LOI DU 8 NIVQSE AN IlL 2ia

LXIX. — Toute personne ainsi acquittée ne pourra plus être reprise ni accusée pour raison du même fait.

LXX. — Tout fonctionnaire public acquitte purement et simplement rentrera de plein droit dans les fonctions auxquelles il avait été appelé avant d*étre accusé.

LXXl. — Lorsque l'accusé aura été déclaré convaincu, le président, en présence des citoyens, le fera comparaître et lui donnera connaissance de la déclaration du jury.

LXXII. — L'accusateur public fera sa réquisition pour l'application de la loi. L*accusé ou son conseil pourra faire des observations; les juges prononceront ensuite la peine établie par la loi ou acquitteront l'accusé, dans le cas où le fait dont il est convaincu n*est pas défendu par elle.

L'article III du titre n de la loi du 10 mars 1793 est rapporté.

LXXni. — Toute condamnation à la peine de mort emportera la confiscation des biens du condamné.

LXXIY. — Tout jugement du tribunal révolutionnaire énoncera le nom du condamné, son âge, le lieu de sa naissance, sa demeure, sa qualité, sa profession, tant avant que depuis la Révolution.

LXXV. — Les jugements du tribunal révolutionnaire seront exécutés sans recours au tribunal de cassation.

LXXVI. — Il est dérogé à toutes dispositions des lois antérieures qui seront contraires à la présente loi. (Moniteur du 14 nivôse an III, 5 janvier 1795.)

(Pago 82.) Libeller el chaBSttttfl ««ntre les «arriVAiiia de 1« Terreur.

Aux publications citées plus haut on peut joindre : Le rempart de Carrier, traîné dans la boue, ou Tarif des montagnards jacobins ;

Adieux de CatTier à Collot^ Billaud, Barère, Duhem^ Levasfeur et autres gibiers de guillotine^ sorte de testa* ment satirique. Carrier remet l'exécution de ses dernières volontés au vieux Yadier, qui a mérité sa confiance par ses fameux soixante ans de vertu, et continue ainsi :

« Pour la conservation de ma mémoire et de mes principes, je lègue à la Société mère des égorgeure, noyeurs et fusilleurs, séant aux ci-devant Jacobins, rue Honoré, en cas qu'elle sorte de la crise alarmante où elle se trouve et parvienne à réouvrir ses séances soit aux cabanons de Bicéire, soit en tout autre lieu également convenable, mon gilet rouge passé en couleur par les teinturiers Fouquet et Lamberty, dans une des fusillades nantaises. J invite ses présidents à revêtir cet ornement unique toutes les fois qu'ils rempliront leurs augustes et philanthropiques fonctions...

« A CoUot d'Herbois, mes bateaux à soupape ; il verra, si jamais il retourne à Lyon, que cette invention utile réunit le double avantage d'étouffer promptemeni les sifflets importuns' et d'éviter la consommation de poudre et mitraille nécessaires pour les foudroyements. Je l'engage à en faire un essai général sur ceux des ouvriers et manufacturiers qui ont échappé à la faim et à ses premières expéditions.

« Au médecin Duhem, un traité en vingt-deux parties sur la théorie des bains froids, avec la méthode sûre de les administrer conjointement avec la saignée, pour guérir radicalement toute espèce de maladie. Ledit traité, rédigé sur mes ordonnances, et d'après un grand nombre d'expériences par Fouquet et Lamberty, sous la surveillance du comité révolutionnaire de Nantes.

« Autre traité chirurgical contenant la manière d'épargner aux femmes enceintes les douleurs de l'enfantement; aux enfants nouveau-nés, celles de la dentition ; aux jeunes filles, les accidens de leur âge ; aux garçons, les étourderies de la jeunesse; aux vieillards sourds, aveugles et infirmes, les

1. On sait quo Collot d*Herliois avait été sifllé k Lyon comme acteur.

m. LIBELLES ET CHANSONS CONTRE LES^ TEBRORISTES. 251

regrets sur le temps passé en les faisant noyer, fusiller ou massacrer. Ce traité £st enrichi de notes curieuses sur les expériences et opérations faites par Pinard dans les environs de Nantes, u

Citons encore : Carrier a commencé la marche, suivez^ messieurs^ chanson où Collot d'Herbois, Lebon, David, Billaud-Yarennes, sont successivement pris à partie, suivie de :

LA GUILLOTINE Air : VouSt aimables fillette».

Soutien inébranlable

De nos nouvelles lois.

0 guillotine aimable !

Nous chantons tes exploits.

Sainte Jacobinière,

Guillotine en tout temps ; Couvre la France entière

D*échafauds pernianens.

Par ta seule influence.

Du coin, la faction Veut affermir en France

La Constitution.

Sainte, etc.

Sans toi le Brissotisme * Règneroit aujourd'hui, Et le Jacobinisme Languiroit sans appui.

Sainte, etc.

Un Jacobin sincère

Me disoit Tautre jour :

Qu*elle est faite pour plaire,

Qu'elle inspire Tamour !

Sainte, etc.

Grand trésorier de France

0 sublime Samson!

Combien dans la finance

Tu surpasses Gambon!

Sainte, etc.

De notre République

Tu grossis le trésor.

Les mines du Mexique

Ont produit bien moins d*or.

Sainte Jacobinière,

Guillotine en tout temps; Couvre la France entière

D'échafauds permanens.

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