‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 2)Chapitre 44 sur 150 · Archives, W 496, n · texte numérisé non relu

Archives, W 496, n

4. Voici ce qu'il en dit dans son interrogatoire de l*avant-veillc :

R. Que sortant de chez un traiteur il trouva trois ou quatre femmes qui snrtoient de chez ce même traiteur et qui s'nflligeoient de ce que l'on faisait fermer les églises; qu'il s'entretint à ce sujet avec elles et leur dit qu'il avoit lu autrefois dans un livre que nation contre nation et royaume conire royaume so révol-

ACQUITTEMENTS : LAœSTE, GUILBERT. 63

manifeste les mêmes sentiments dans son interrogatoire^ et Ton avait trouvé sur lui une feuille où était le psaume xii, un petit volume portant station de la chapelle du Calvaire, un christ; bien plus, il avait un crucifix et un cœur de Jésus imprimés sur le bras avec de la poudre à canon et du vermillon, et il avait répondu au commissaire que « c'était le signe de son divin roi ». Fouquier-Tinville Taccusait d'être complice des Vendéens ; devant le nouveau tribunal, l'accusé déclara qu'il n'avait jamais eu l'intention de faire le mal, qu'il n'avait jamais eu en vue que la gloire de Dieu et le bien de tout le monde, et il récita quelques fragments des psaumes de David. Cette fagon de se défendre, qui eût assuré sa perle avant le 9 thermidor^ fut pour lui sanspériK Le jury déclara qu'il n'était pas constant qu'il eût prêché, rue du Faubourg-Saint-Dcnis, une morale fanatique et contre-révolutionnaire, et il fut acquittée

Suite des acquittements : 2 ventôse (20 fôvricr 1795) : le publiciste Delacroix;

incidents Irgisintifs à son sujet.

Avec Guilbert, il s'agissait de symboles religieux ou

de langage contre -révolutionnaire; voici pour les écrits :

C'est une affaire qui avait eu plus d'une péripétie. Un

publiciste, Jacques-Vincent Delacroix*, avocat à Paris,

teroient, que Ton trancheroit la tête à plusieurs rois, princes et seigneurs, et qu'il pensoit que c*étoil le temps de l'événement de cette prédiction.

C'est sur cette parole qu'il avait été arrêté. (Archives, W496, n* 514.)

i. Ibid.

2. Archives, W 496, n" 516. \\ est appelé souvent iMcroix, mais il signe Delacroix,

61 CUàP. LVUI. — LE TRIBUNAL RÉ VOL. DU 8 NIVOSE.

qui avait autrefois publié un mémoire pour la convocation des étals généraux, ouvert un cours public de droit au lycée, et examiné en divers écrits les constitutions des différents pays, venait de faire paraître un nouvel ouvrage intitulé le Spectateur français pendant le gouver^ nement révolutionnaire. Dans Tintention ou sous le prétexte de confirmer la République, il y proposait une sorte d'appel au peuple, un vote où il n'admettait que des citoyens sachant lire et écrire, domiciliés depuis un an dans leur commune, ayant payé leur contribution ; un vote par oui ou par non sur ces questions :

Républiqvs — Constitution de 9ô — Constitution de 91 — Adhésion à une paix honorable si elle est pro^ posée par les nations étrangères.

La Constitution de 1791, c'est-à-dire le rétablissement de la royauté!

La lecture du fragment de ce livre et de ses conclusions, faite le 8 nivôse an III, par Duhcm, dans la Convention, y avait provoqué une explosion d'indignation et de colère. L'arrestation de l'auleur avait été décrétée ù l'unanimité et au cri de Vive la République^ et l'on salua par des applaudissements l'annonce que le Comité de sûreté générale avait déjà lancé un mandat d'arrêt contre l'auteur et l'imprimeur, qu'il les allait traduire devant le tribunal révolutionnaire. La question était posée entre la république et la royauté : Cambon, Bourdon de l'Oise, n'avaient pas assez d'anathèmes contre l'infâme libellisleS; et comme l'incident n'avait été mentionné ni au Bulletin ni au Feuilleton^ Duhem en exprima son étonnement dans la séance du 9, et

1. Moniteur du 10 et du 11 nivô>c <in III (50 ci;31 dccenibic 1704;.

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