‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 2)Chapitre 54 sur 150 · PROCÈS DE FOUQUIER-TINVILLE ET DES MEMBRES DU · texte numérisé non relu

PROCÈS DE FOUQUIER-TINVILLE ET DES MEMBRES DU

TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE, -r- FIN DU TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE DE PARIS.

Réaction de plus en plus prononcée contre les Terroristes. Commencement de la procédure contre les membres des anciens comités (Billaud-Varennes, Barèrc, GoHot d*Ucrl>ois, etc.). Rapport de Salndin, 12 Tcntôse. Débats à la ConTenlion, 2 germinal et jours suivants. Journée du 12 germinal. Décrets de déportation contre Billaud-Varennes, Darère, CoUot d'Herbois et Vadicr. Décret du 17 germinal (7 avril 1795) qui supprime la peine de mort en matière politique (le royalisme excepté) et restreint le ressort du tribunal révolutionnaire.

Les trois mois qui s'écoulèrent depuis l'institution du nouveau tribunal jusqu'au procès de Fouquier-Tin ville, n'avaient compté qu'une seule condamnation à mort. Le tribunal n'avait donc guère prononcé que des acquittements et un bien plus grand nombre d'arrêts de nonlieu. En cela, il suivait le mouvement de l'opinion, et ce mouvement se déclarait de plus en plus contre les terroristes. Dès le 6 nivôse, l'avant-veille de sa reconstitution, on reprenait à la Convention l'affaire des membres des anciens comités. Clausel fit décréter que le rapport des trois comités de gouvernement serait fait le lendemain et, le 7, en effet, Merlin de Douai apporta les conclusions qui déchargeaient Amar, Voulland et David et proposaient de nommer, conformément à la loi du 8 brumaire précédent {^11 octobre 1794), une

commission de vingt et un membres pour faire un rapport sur les faits imputés aux quatre autres : Billaud- Varennes, Collot d'Herbois, Barère>el Vadier.

Ces quatre étaient assurément, après ceux qui avaient péri, les hommes le plus directement responsables du régime de la Terreur. Billaud-Yarennes en était l'âme. Sa parole avait une vertu homicide — un poignard sur la langue, disait Courtois. — Barère avec son éloquence fleurie n'avait guère fait moins de mal : <k Faible et léger, peureux », tel était le fond de son caractère; et que ne doit-on pas craindre de la peur jointe à la faiblesse dans ces temps de tourmente? « C'est cet homme atroce par lâcheté, disait le même Courtois, qui, le premier, attaqua Camille Desmoulins au sujet du vieux Gordelier*.» Il était l'auteur du mot : // n'y a que les morts qui ne reviennent pas^ mot qu'il expliqua plus tard% mais qu'il laissa appliquer durant toute la Terreur sans commentaire. Le vieux Vadier poursuivait ses ennemis avec l'acharnement de la hyène : il l'avait montré dans le procès des Darmaing. Il était souterrainement cruel. Collot d'Herbois l'était avec ostentation. Il se vantait à la tribune des Jacobins de connaître . un homme suspect en le regardant seulement entre deux yeux'. Dans ces temps où, sous les étreintes de la misère et de la famine, la dépopulation était à l'ordre du jour, il recommandait, disait-on, pour le salut du corps social, une <k transpiration abondante qui ne de-

1. Julc9 Clarclici CamiiU Dêsmoulinê, noies de Courtois. (Voyez sur lui un |H>rtrait plus éUidié de Mcillmi, MémoireSj p. 6.)

2. Mémoirei de Barère, publics par II. Carnot et David d'Âiigei-s, t. I, p. 17.

5. yoles de Courtois t publiées par M. J. Clarclie, Camille Desmoulins,

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