‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 3)Chapitre 11 sur 167 · APPEL NOMINAL · texte numérisé non relu

APPEL NOMINAL

furent ceux de l'erreur et d'un patriotisme délirant ».

Bernard de Saintes (de Xanthè! Pioche-Fer Bernard), autre représentant du peuple en mission, faisant le vœu que Carrier se justifiât, exprimait le désir (et pour cause) qu'il fût le dernier de ses collègues sur lesquels on eût à se prononcer. Cambon motiva aussi très-longuement son opinion: membre du comité de salut public, il avait à cœur de laver le comité des récriminations de Carrier qui prétendait n'avoir fait qu'exécuter ses ordres.

L'appel se prolongea ainsi jusqu'à deux heures du matin (nuit du 3 au 4 frimaire). Sur cinq cents votants quatre cent quatre-vingt-dix-huit avaient approuvé les conclusions du rapport. Deux seulement avaient émis un vote, non point opposé, mais simplement conditionnel : en sorte que Ton peut dire, en tenant comple des absences, que Carrier avait réuni contre lui l'unanimité de ses collègues, même ceux qui avaient à leur charge les mitraillades et les destructions de Lyon, de Marseille et de Toulon, même l'incendiaire du village de Bedoin. Sur la proposition de Duhem (il se produit beaucoup trop dans cette affaire), la Convention décida que l'appel nominal, signe éclatant de son unanimité, serait envoyé aux armées*.

i. Aux brochures du temps, citées plus haut, ajoutons pour ce qui toucho Carrier ; On veut «auver Carrier, on veut faire le procès au tribunal révolutionnaire. Peuple prends garde à toi. Et Dulieni, mnlg^rc le zèle dont il fil parade dans le vote sur Cairier, est aussi pris à partie : Grande colère du médecin Duhem de voir qiCil ne peut sauver son ami Carrier et que Vavanlgarde des égorgeurs va défiler sans trompette sur la place de la Révolution (par Baralère).

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