‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 3)Chapitre 2 sur 167 · CARRIER A LA CONVENTION DEPUIS SON RETOUR. S · texte numérisé non relu

CARRIER A LA CONVENTION DEPUIS SON RETOUR. S

pondre par un mémoire que je vais livrer à l'impression *■ et qui contient le compte exact de ma conduite et des arrêtes que j'ai pris avec plus de vingt de mes collègues, qui tous ont été témoins de mes actions dans la Vendée...

On parle d'une femme qui est venue chez moi et que j'ai fait périr. Si le fait est prouvé, je porte ma tête sur l'écbafaud.

Une voix. On en prouvera bien d'autres.

Mais lui se rejeta sur Tétat de la Vendée, réduite à l'impuissance lorsqu'il était à Nantes, et depuis son départ redevenue redoutable : ce qui donna lieu à Merlin de Thionvillc,àLequinio, à Carnot, de montrer par quelles atrocités et par quelles perfidies l'insurrection s'était ranimée en Vendée, et amena pour cette fois le décret d'arrestation contre le général Tureau et deux autres \

Plusieurs députés avaient été compromis dans cette discussion , et l'on pouvait prévoir qu'il y aurait des mesures à prendre pour concilier l'inviolabilité de la représentation nationale avec les droits de la vindicte publique. L'affaire des membres du comité de Nantes allait rendre la chose plus pressante, lorsque de nouvelles révélations firent demander que le tribunal révolutionnaire commençât sans délai leur procès. André Dumont

1. C'est le mémoire qui parut en effet peu de jours après sous ce titre : Rapport de Carrier, représentant du peuple, sur les différentes missions qui lui ont été déléguées (vendémiaire an UI). 11 y joignit pour supplément en brumaire la défense qu'il eut à présenter alors devant la Convention nationale- Phelippes-TronjoUy ne négligea pas cette occasion de diriger, par forme de réfutation, une nouvelle attaque contre lui : Noyades et fusillades, réponse au rapport de Carrier (Bibl. nat., Lb<S n* 1370); cf. les Noyades, par Méhée fils (ibid.,^ 1369) ; Tableau effrayant des crimes et forfaits commis par Carrier, pièces originales contre lui (ibid., n® 1421); la Vie et les crimes de Carrier s par Gracchus Babeuf; les Parties honteuses de Robespierre restées aux Jacobins, par Lamberti (contre Carrier, après l'adresse de la ville de Nantes à la Convention, 9 brumaire an m).

2. Séance du 8 vendémiaire an IH (29 septembre 1794). Moniteur des 11 et 12 (2 et 3 octobre 1794).

fit décréter en même temps que le tribunal y comprendrait tous ceux qui s'y trouveraient impliqués (et il faisait allusion à Carrier), sauf à l'accusateur public à instruire le comité de sûreté générale des progrès de l'instruction, afin qu'il pût soumettre à la Convention les mesures réclamées par la justice. Des informations transmises au comité ne lui laissaient aucun doute qu'il n'eût bientôt à remplir ce devoir, et pour mieux s'en acquitter, il se fit adjoindre, par un autre décret du 29 (20 octobre 1794), les deux comités de salut public et de législation ^

Il était urgent que les trois comités arrêtassent leur plan : car le moment allait se présenter de l'appliquer.

La situation n'était plus tolérable au tribunal. Le 6 brumaire (27 octobre), à la suite de la déposition du témoin Laurent, Real, défenseur officieux du plus grand nombre des accusés, invita le président à solliciter de la Convention une prompte décision sur la requête de Goullin, déclarant la défense impossible, si Carrier n'était appelé et entendu contradictoirement avec ses clients; et tout le peuple d'applaudir et de réclamer Carrier à grands cris. Le président, lorsque le calme fut rétabli :

Je répète au peuple qui m'entend, que, par décret de la Convention, le tribunal est investi du droit de poursuivre et faire juger les complices et continuateurs de Robespierre, et qu'il lui est enjoint de rendre compte, jour par jour, de cette instruction. Le tribunal, continue le président, convaincu de l'importance de ses devoirs, s'en acquitte exactement. Journellement il communique aux autorités constituées le résultat des débats de chaque séance; le réquisitoire de

\. séance du 29 vend, an 111. Moniteur du 3 brumaire (24 octobre 1794).

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