‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 3)Chapitre 25 sur 167 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

4. Voir la séance du 6 nivôse (2G dcccml^re)» Moniteur du 8 (^S décembre i 79"j) .

Déposition du jeune Jullien sur sa mission.

La Convention, qui exterminait tout à son aise par décrets, s'était émue pourtant de la façon dont ses ordres étaient exécutés. J'ai parlé de la mission du jeune Jullien dans l'Ouest. Il raconta au procès comment il avait été amené à dénoncer les agents de Carrier et à provoquer le rappel de Carrier lui-même. On lui avait dit « que Carrier avait une armée révolutionnaire qui mettait tout à feu et à sang, qui poussait la cruauté jusqu'à faire creuser aux victimes qu'elle voulait immoler leurs propres tombeaux; que cette armée, marchant sous le titre faux, mais imposant, de révolutionnaire, s'était môme permis de faire enterrer des hommes tout vifs D :

Je me rendis à Vannes, continue le témoin, pour vérifier ces faits, et prendre connaissance de la conduite de Lebatteux et Avril, agens de Carrier. Ces agens rae furent dénoncés de toutes parts, ainsi que l'armée prétendue révolutionnaire, dont les habitants du Morhiban redoutoient plus l'approche que celle des brigands, à cause des cruautés journalières exercées par les soldats de cette armée.

J'en écrivis au comité de salut public, avec invitation pressante de rappeler les bataillons aux ordres de Lebatteux et Avril, parce qu'ils se permettoient plus d'atrocités et de brigandages que les brigands eux-mêmes. Lebatteux fut arrêté ; et ce fut alors que Carrier s'oublia au point de déclarer cet agent inviolable, et de noter d'infamie les auteurs de l'arrestation de Lebatteux ^

i. Bulletin, p. 65-66.

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