EXÉCUTION DE CARRIER, PINARD ET GRANDMAISON
les environs du palais et dans tous les lieux où devait passer le cortège, un concours immense; chacun était avide de voir un homme dont la funeste célébrité s'attachait à tant de crimes; on remarqua que, quoique Paris n'eut point été le théâtre de son despotisme sanguinaire, il régnait dans l'expression de la joie publique le même sentiment d'indignation et de félicitalion générale que loi*sque Robespierre avait été traîné au supplice; en effet, l'un rappelait trop bien la mémoire de Taulre, cl ils avaient tous les deux trop également outragé Thumanitc par leurs sanguinaires attentats, pour ne pas être associés dans les souvenirs de leurs contemporains en ce moment. » (26 frimaire an III = 16 décembre 1794.)
Exécution de Carrier, Pinard et GraiiJmaisoo. Débat à la ConTcnlion sur Tacquil lement des autres. — Décrets : Benouvelienient du tribunal rérolulionnaire et renvoi des acquittés devant la justice criminelle.
Vers trois heures après midi, la charrette sortit de la Conciergerie. Grandmaison, l'exécuteur des noyades, qui sabrait ceux qui surnageaient, était tout en pleurs. Pinard, l'assassin des enfants et des femmes, se déballait furieux, écumant de rage. Il accablait Carrier de ses imprécations; il voulait se jeter sur lui et le saisir avec ses dents pour le déchirer*. L'altilude de Carrier faisait contraste avec celle de ses deux compagnons, sans produire d'ailleurs une impression plus favorable sur la foule. On l'eût dit comme touché par la mort. Son regard semblait éteint dans ses yeux enfoncés; sa face, d'un teint naturellement olivâtre et bilieux, avait pris la