‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 3)Chapitre 41 sur 167 · CUAP. LYIII. — LE TRIBUNAL REVOL. DU 8 NIVOSE · texte numérisé non relu

CUAP. LYIII. — LE TRIBUNAL REVOL. DU 8 NIVOSE

Le tribunal était toujours destiné à faire la guerre aux ennemis du dedans, commeles armées aux ennemis du dehors :

La sévère justice de ses jugements, continuait-il, seront aux factions de Tintérieur ce que sont à la ligue impie des despotes étrangers les prodiges de nos frères d'armes, etc.

Le tout pour la félicité de la nation et le bonheur du monde!

Mais Agier, le président, ne montrait pas le même enthousiasme pour celte justice, dont il recevait le glaive ensanglanté (la balance n'avait jamais été son symbole) :

Nous montons avec effroi, dit-il, sur un tribunal de sang qui naguère, en frappant comme au hasard quelques tètes coupables, envoyait incessamment à la mort des milliers d'innocentes victimes. Les sièges que nous occupons, ces tristes gradins exposés à nos regards, ce fauteuil où la vertu a subi tant de fois la destinée du crime, toutes les parties de celte enceinte rappellent à chacun de nous des souvenirs déchirants, peut-être, hélas! des sujets personnels de deuil et d'amertume.

Il glorilîait la révolution accomplie et constatait l'esprit nouveau qui devait inspirer la justice:

On nous demande non des assassinais pour lesquels sans doute on aurait mal choisi, mais la pure exécution des lois ; non le meurtre de l'innocent, encore moins de l'homme de bien, du vrai patriote, mais la juste punition de tous les scélérats, qui, sous tous les noms, sous toutes les manières et par tous les moyens possibles, ont conspiré la perte de leur pays.

Mais il n'en déplorait pas moins la mission conlîce aux nouveaux juges :

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