UNE CONDAMNEE : MARIE MARCIIAL-JACQUET
Prêlrcs de la justice, nous sommes immolés nous-mêmes au bien public ; avant d'être sacrificateurs, nous devenons, pour ainsi dire, victimes. Obéissons puisqu'il le faut, et ne pouvant avoir le mérite du refus, ayons celui de la résignation.
Et en s'engageant à appliquer la loi, il invitait le public au respect de la justice.
Opérations du nouveau tribunal : une condamnation pour fabrication de i'aiix assignats; acquittements significatifs : Lacoste et Guilbert (29 pluviôse an III, 17 février 171)5).
Uue véritable révolution s'était donc opérée dans l'esprit des juges plus encore que dans le système des lois et dans les formes du tribunal. Aussi, depuis son installation en pluviôse jusqu'au 8 germinal, époque où recommence le jugement de Fouquier, le tribunal ne fit-il guère que prononcer des acquittements ou des renvois. Sur quatre-vingt-un prévenus, trente-sept furent renvoyés devant la justice ordinaire; six condamnés à la détention et vingt-deux mis en liberlé par jugements rendus en chambre du conseil. Seize seulement furent réservés pour les assises du tribunal, et sur les seize, quinze furent acquitlés^
La sentence de mort ne frappa donc qu'une seule tête, une femme, Marie-Thérèse Marcual-Ja quet ; elle fut condamnée le 3 ventôse an III (21 février i 795), pour avoir « pratiqué avec des intentions contre-révolutionnaires des manœuvres et des intelligences avec les
1. Voyez Cduipardon, I. II, p. 157, et le Journal pour celle période.