‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 3)Chapitre 49 sur 167 · ACQUITTEMENTS : LE PUBLICISTE DELACROIX · texte numérisé non relu

ACQUITTEMENTS : LE PUBLICISTE DELACROIX

Eli bien, disait-il, cherchons un moyen d'asseoir la Republique sur des bases inébranlables; que le peuple, consulté individuellement, prouve à ses détracteurs que leurs assertions sont téméraires et mal fondées. Voilà, citoyens, dans quelle intention j'ai écrit le chapitre qui a attiré sur moi la sévérité du gouvernement *.

Evidemment on ne demandait qu'un prétexte pour l'acquitter.

« Le calme et la simplicité de sa défense, comme dit le Moniteur, firent sur le public une impression que le discours sévère de l'accusateur public ne réussit point à effacer. » Tronçon-Ducoudray, son conseil, n'avait déjà plus à le défendre; il défendit la liberté de la presse, en montrant l'abus qu'on avait fait de la loi qui la concernait sous la Terreur :

Ils égorgeoient avec cette loi, disait- il : une phrase, un mot étoient punis de mort. La Convention ne veut au contraire que punir la malveillance séditieuse, les cris de révolte, les efforts criminels, l'intention perverse pour renverser le gouvernement*.

Le tribunal en jugea ainsi ; le jury déclara :

« Qu'il n'était pas constant que l'ouvrage intitulé le Spectateur français pendant le gouvernement révolutionnaire tendît à provoquer le rétablissement de la royauté et la dissolution delà représentation nationale. »

Et le tribunal acquitta et mit en liberté Delacroix :

Ce jugement, rendu à l'unanimité, dit le Moniteur, a été couvert d'applaudissements. Une foule immense de citoyens que la célébrité donnée à l'affaire avoit attirés à la séance

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