‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 3)Chapitre 65 sur 167 · ACTE D'ACCUSATION PAR LEBLOIS · texte numérisé non relu

ACTE D'ACCUSATION PAR LEBLOIS

lorsqu'un accusé était acquitté; son opposition aux ordonnances de mise en liberté, et lorsque la victime lui échappait, ce cri, dont il ne fut pas le maître dans le procès des parlementaires : « Qu'il la rattraperait bien. »

L'acte d'accusation n'eût pas été complet, s'il n'eût rattaché Fouquier-Tinville à la grande conspiration de ceux dont il avait été le principal agent au tribunal : Robespierre et les hommes renversés le 9 thermidor. Il signale son intimité avec eux, leurs conférences secrètes, leurs orgies communes. Enfin, dans un dernieu paragraphe (25) il relève les traits qui caractérisent l'homme féroce dans l'implacable accusateur : la joie qu'il prenait aux condamnations; le plaisir qu'il avait à réunir le plus grand nombre d'accusés dans une même fournée; son ironie à l'égard des condamnés; sa fureur, ses menaces, même envers les jurés et les juges, quand il voyait sa proie lui échapper, et comment il se complaisait aux exécutions, en commandant à l'avance tous les apprêts du supplice ^

Cet acte portait la date du 25 frimaire ; il était suivi de la mise en accusation datée du 26, et c'est le 28, on l'a vu, au moment où le procès allait commencer, que le IribuHal avait été supprimé.

1. 25 frimaire an H (15 décembre 1794). Archives, Vf 499, n° 550, pitcc 8, cl ProrcJi de Fouquier-TinviUet p. 1 et suivantes.

Mémoires rédigés pnr Foiiquier-Tin ville dans Tintervalle de sa mise en jugement et de la reprise des débats. Acte d'accusation supplémentaire du nouvel accusateur public Judicis : Fouquier-Tinville ; les juges; les jurés.

Dans le temps qui s'écoula jusqu'à la reprise du procès par le nouveau tribunal du 8 nivôse — et l'intervalle n'est pas de moins de trois mois, — Fouquier-Tinville avait eu le loisir de pourvoir à sa défense. Il publia un premier mémoire où il répond aux principaux chefs d'accusation, surtout au plus redoutable : celui d'avoir été complice de Robespierre :

Si j'eusse trempé, y disait-il, en façon quelconquedans cette conjuration, aurois-je, le 10 thermidor, requis l'application de la loi contre les scélérats Robespierre, Henriot, Dumas, Fleuriot, Payan, Saint-Just et Couthon, tous reconnus pour chefs? N'aurois-je pas été dans le cas d'être indiqué par eux comme complice, soit à l'audience, soit depuis le jugement? Aucun des conjurés n'a même prononcé mon nom; cependant ni les uns ni les autres n'avoient perdu la parole, et j'ai rempli mon ministère vis-à-vis d'eux, avec le même zèle et avec le même courage que je l'ai toujours rempli vis-à-vis de tous les conspirateurs, parce que ma conscience est pure *.

Et il finissait par une déclaration qu'il croyait de nature à toucher sensiblement ses juges :

Je n'ajouterai plus qu'un mot : on peut vérifier au tribunal, on y trouvera la preuve que mon principal soin a été de mettre en jugement les grands conspirateurs ex-nobles et prêtres.

D'après les circonstances actuelles il ne peut rester aucun

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