Procès Fouquier, iv 1, p
les premières et les plus essentielles bases d'un jugement, est si grand qu'il n'est guère possible d'en rédiger ici une série assez détaillée, sans opérer une confusion; mais que les débats et l'examen des pièces découvertes jusqu'à ce jour ou qui pourront encore se découvrir, ne permettent guère de douter que si chaque fait, pris en particulier dans une circonstance dépouillée des accessoires qui se présentent dans cette affaire, ne présenteroit d'abord, dans beaucoup de cas, que de simples prévarications, on ne peut pas considérer sous ce simple rapport cette masse de délits plus ou moins graves, qui, communs à Fouquier-Tinville et à Liendon, son substitut, se lient nécessairement à cette conspiration dont Fouquier est prévenu d'être un des principaux agents, et dont le résultat présente, depuis le 22 prairial jusqu'au 9 thermidor, c'est-àdire en moins de cinq décades, environ treize cents condamnés par quatre-vingt-trois jugements*.
L'accusateur public était et devait être plus sévère contre les jurés. Il citait le texte du serment imposé au juré par la loi, et demandait aux hommes investis naguère de ce mandat, qui se trouvaient accusés aujourd'hui, s'ils y avaient été fidèles :
1° Quand ils coupoient la parole aux accusés et à leurs défenseurs qui n'avoient encore pu rien dire pour leur défense, sous prétexte qu'ils étoient assez instruits, quoique le simulacre des débats n'eût duré souvent qu'une heure et demie, malgré qu'il y eût soixante accusés et quelquefois plus;
2° Quand, rentrés dans la chambre de leur délibération, ils y recevoient Fouquier et .d'autres , prévenus d'avoir dirigé et influencé leurs opinions, ou quand ils en sortoient pour faire la conversation avec des personnes étrangères ;
5*" Quand ils rentroient dans la salle des audiences, cinq ou six minutes après en être sortis, pour y émettre leurs opi-