Archives, >V 479, n" 550, pièce
Et l'auteur du récit leur prête des paroles qu'assurément il n'a pas entendues.
a Ces discours, ajoute-t-il, prononcés au milieu de tous les symptômes de la rage, ne faisaient qu'augmenter l'horreur qu'inspirait leur présence ; la marche du cortège fut souvent et longtemps retardée par l'empressement de la multitude : le fils leur redemandait son père ; l'épouse, encore couverte des signes de sa douleur, sepiblait renaître à la consolation en voyant les bourreaux de son époux marcher au supplice. Une femme jeune et belle s'était comme attachée à la charrette qui traînait Fouquier : là, malgré les flots de la foule qui venaient la presser, et quelquefois l'exposer au danger d'être étouffée, malgré la fatigue extrême d'une marche si pénible, elle ne cessa, les larmes aux yeux et le désespoir sur le front, d'accabler de ses malédictions l'assassin de son époux infortuné.
« Ce n'étaient pas des cris d'allégresse qui retentissaient autour d^eux, c'étaient des cris d'indignation et de douleur; leur aspect semblait rouvrir toutes les plaies qu'avait faites leur cruauté barbare.
<? Enfin le moment fatal arriva : le glaive de la justice trancha la tête de ces assassins de l'humanité; FouqHJ^r fut exécuté le dernier; le peuple demanda sa tête; Ip bourreau la saisit par les cheveux et l'offrit aux regards de la multitude^»
Ceux qui ont insulté les condamnés sur la route de l'échafaud, ceux qui par leur récit même se sontasspr ciés à ces outrages ne pouvaient pas les épargner après la mort. Fouquier faisait oublier tous les autres dans çe^te
1. Place de Grève, 18 floréal an HI, à 11 heures du malin (procès-yerbal d'exécution), Archives, W 527. Des Essarts, Procès fameux, t. ÎU, p. 24i'242.