‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 3)Chapitre 89 sur 167 · LE CLUB INFERNAL · texte numérisé non relu

LE CLUB INFERNAL

terrible expiation, et les pamphlets s'attachèrent plus particulièrement à sa mémoire. On lit dans le Club infernal :

Fouquier entra. La salle était éclairée par des lampions posés dans quarante-cinq crânes de fermiers généraux. Au fond sur un trépied ardent était assis mollement Maximilien Robespierre, tenant sa mâchoire d'une main et traçant de l'autre avec un poignard le vaste plan d'un cimetière universel. A gauche on voyoit Lubin qui pleuroit, Henriot qui grinçoit les dents, Payan qui se les curoit, Lavalette qui prenoit du tabac, et Coffii|hal qui lisoit le Journal universel d'Audouin.

A droite Flcuriot se mordoit les ongles, Chaumette récitoit un rosaire, Hébert chauffoit ses fourneaux, Dumas prenoit des mouches, Sij'as démuseloit un tigre, Coulhon méditoit un crime; Saint-Just écrivoit un rapport, et la canaille derrière.

A la vue de Fouquier-Tinville, tout le monde se leva, toiit le monde sauta de joie. C*étoit à qui l'erp]i)ra$seroit. Le vpici, le voilà, c'est lui, c'est Fouquier ! Où est donc Barère? Où est Billaud? que fait Collot? tout le monde parloit à la fois^...

Collot ne devait pas tarder à y apporter lui-même 4e ses nouvelles. Déporté à la Guyane avec Billaud- Varennes, il y voulut reprendre ses allures révolutionnaires, soutenir contre les blancs une insurrection des noirs: ce qui le fit enfermer au fort de Sinnamary. Pris de la fièvre, on lerapportait à Thôpilal deCayenne; mais, sur la route, comme il souffrait de la soif et demandait à boire, on lui donna une bouteille de rhum qu'il avala et il mourut dans des douleurs atroces. Billaud-Varennes, demeuré à Gayenne, eut tout le temps d'y voir arriver ses anciens adversaires, les nouveaux déportés du 18 fructidor. Il refusa l'amnistie offerte après le 18 brumaire, et, quit-

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