‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 4)Chapitre 103 sur 178 · LES JACOBINS, LE COMITÉ DE S. P., LA CONVENTION · texte numérisé non relu

LES JACOBINS, LE COMITÉ DE S. P., LA CONVENTION

sons les commissions populaires^ contrôlant le triage opéré par ces commissions ; obligeant l'accusateur public à lui soumettre les listes des accusés et les envoyant, sous sa signature, comme bons à guilloliner à Fouquier- Tinville, et le tribunal dans ces derniers mois ne faisait guère que les enregistrer par ses arrêts ; de telle sorte que le sang versé à torrent sur l'échafaud, du 22 prairial au 9 thermidor, c'est le Comité de salut public qui l'a répandu : et non pas seulement Robespierre, Saint- Just ou Coulhon, mais ces autres membres rangés parmi les travailleurs, qui autorisaient communément de leurs noms les actes de leurs collègues , et qui signaient ces listes de cinquante, de soixante à condamner, sans y regarder davantage.

Ce n'est donc pas sans raison, nous l'avons dit, que Fouquier-Tin ville, devenu le bouc émissaire du tribunal au jourtatalde la réparation, renvoyait la responsabilité de ses actes au Comité de salut public. Mais la Convention devant laquelle il plaida sa cause en premier ressort pouvait-elle s'en dire innocente? et quand, après la chute de Robespierre, on entama devant elle le procès des membres des anciens comités de gouvernement, comment pouvait-elle se défendre elle-même d'être leur complice? N'est-ce pas elle après tout qui avait institué le tribunal révolutionnaire? N'est-ce pas elle qui Tavait investi de tous ses pouvoirs, armé de tant de lois homicides? Rien ne s'était fait que par décrets; et les décrets ne s'appliquaient-ils pas sous ses yeux? Parce qu'elle n'assistait pas toujours aux exécu. lions, comme elle le fit à l'anniversaire du 21 janvier, parce que Téchafaud avait été éloigné des Tuileries, ne savait-elle pas qu'il y avait un redoublement atroce.

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insensé, dans Timmolation dos victimes ? Elle le savait et elle s'est tue. C'est sa condamnation.

Je sais que plusieurs, reprenant, étendant la thèse de Billaud-Varennes et de Fouquier-Tinvillc, en voudraient faire la justiScation du Comité de salut public et même du tribunal.

Je ne m'arrêterai pas aux apologistes de. la Terreur : ceux-là, je l'ai dit (et il y en a qui ne s'en cachent guère) seraient tout prêts à la recommencer le cas échéant; croire que le raisonnement, appuyé même de l'histoire, les désarmera, ce serait folie. Je n'ai en vue que ceux qui, pleins d'horreur pour un pareil régime dans le présent, veulent lui trouver dans le passé une excuse.

Écoutons un homme respecté de tout le monde et dont le caractère modéré pourrait d'autant mieux donner crédit à son opinion. Dans la publication des Mémoires de Carnot ou sur Carnot, l'éditeur voudrait (et il a pour cela les motifs les plus honorables), atténuer la charge du Comité de salut public en cette matière.

Ce n'est pas (il a raison en le disant) le Comité qui créa le tribunal ; mais comme on ne peut méconnaître Tusage qu'il en fit et combien il en est solidaire, l'auteur, pour faire sa part de responsabilité moins grande, réduit autant qu'il peut celle des juges : « Enfin, dit-il, ce tribunal lui-même prononça moins de condamnations que ne lui en demandaient les passions populaires, dis« posées à voir dans tout coupable un ennemi ; et tels de ses arrêts qui blessent justement nos consciences calmées sont basées sur des faits très criminels alors aux yeux du pays entier*.

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