‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 4)Chapitre 106 sur 178 · PROTESTATIONS POPULAIRES · texte numérisé non relu

PROTESTATIONS POPULAIRES

les conduirait y ces femmes obscures qui, en pleine Terreur, à la vue de ces exécutions, firent entendre le cri de la conscience publique au prix même de leur vie, — Françoise Loissilier, Marie-Madeleine ViroUe, Méianie Enouf :

François Loissilier qui affichait ce placard :

Peuple, habitants de Paris, armez-vous de courage pour sauver la vie à ces innocentes victimes et faire finir la guillotine;

Marie-Madeleine Virolle, Méianie Enouf qui, rattachant ces boucheries au règne des Jacobins, demandaient, pauvres filles du peuple, un roi :

a Parce que la France serait plus heureuse et qu'on ne tuerait pas tant de monde ^ »

Leur tribune à elles fut Téchafaud et la hache du bourreau n'a point étouffé leur voix: qu'elle retentisse à jamais contre cette exécrable politique! Elles n'auront pas perdu leur cause si leur sang mêlé à celui des victimes qu'elles voulaient sauver inspire l'horrr.ur pour les bourreaux.

La condamnation de ces femmes sera-t-elle rangée parmi ces arrêts qui, nous dit-on, étaient « basés sur des faits très criminels aux yeux du pays tout entier? » Où sont donc ces faits très criminels ? Tout gouvernement, je l'accorde, a le droit de se défendre contre des conspirations. Mais était-ce conspirer que de ne pas prendre part aux conspirations formées et avouées contre la monarchie fondée sur la constitution ? Était-ce conspirer que

1. Voyez ci-dessus, t. UI, p. 582-588. C'était aussi le cri d*une enfant, d'une petite fîUe de cinq à six ans, dénoncée au Comité de salut public : a Qu'elle n'est ni citoyenne, ni patriote, parce que les patriotes sont des scélérats qui tuent et massacrent tout le monde. > (Voyez ci-dessus, t. HI, p. 271.)

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