‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 4)Chapitre 119 sur 178 · ACQUITTEMENTS. — FRUCTIDOR AN II · texte numérisé non relu

ACQUITTEMENTS. — FRUCTIDOR AN II

« Nous avons tous deux juré sur le même autel une haine implacable aux tyrans. Nous avons fait serment de nous prêter secours dans les dangers : j^acquitte donc ma dette en ce moment. »

Et s'appuyant sur les témoignages rendus à ses vertus sociales :

a Bon ûls, bon mari, bon père, bon ami, Lapierre pourrait-il ne pas être patriote? Les vertus sont sœurs; elles se prêtent la main. La première des vertus, l'amour de son pays parait^il étranger à Lapierre? », etc.

Le jury prononça dans le sens du défenseur. {Bulletin, p. 56-57.)

21 (7 septembre).

David Gringourt, tailleur de pierres, 22 ans : propos tendant à ébranler la fidélité 'des jeunes citoyens. Les témoins assignés déclarèrent qu'ils n'en avaient pas connaissance. (Archives, W 446, n'* 86; Bulletin, p. 59).

Henriette Bourguignon, limonadière et marchande de modes à Mézières : intelligences avec les émigrés. Elle reconnaît qu'un émigré lui a écrit, qu'elle lui a écrit à lui-même pour pouvoir retirer une lettre chargée.

Réponse du jury affirmative sur le fait, négative sur l'intention. — Acquittée, mais retenue comme suspecte jusqu'à la paix. (Archives, ibid., 87 ; Bulletin, p. 60.)

Jean Bérillon, bourrelier : il était accusé d'avoir manifesté de la joie lors de la fuite du roi et de la douleur lors de son arrestation; au temps de la rareté des subsistances, il avait dit (|ue cela n'avait pas lieu quand il y avait des roià.

— Non convaincu. (Archives, ibid.j n" 88 et Bulletin, p. 59. )

22 (8 septembre).

Le jour où commence le procès des 94 Nantais :

Nicolas Chatlin, aubergiste : intelligences avec des émigrés.

— Le jury déclare : 1^ qu'il a existé une conspiration; 2^ que Chatlin est convaincu d'en être le complice, mais qu'il n'est

pas convaincu de l'avoir fait avec des intentions criminelles. (Archives, W 446, n* 90 et Bulletin, p. 104.)

25 (9 septembre).

Louis-Martin BATAn^LE : commerce de numéraire, discrédit des assignats. (Archives, ibid, n"" 97; Bulletin, p. 55 et 106.)

Élie-Léonard Plantt, commissaire du district de La Rochefoucauld, et Pierre Petraud, ci-devant curé et ofGcier municipal : fédéralisme. Planty nie ; Peyraud déclare qu*il a pu avoir un moment d'erreur ; mais dès qu'il a été instruit des faits relatifs « à la sainte insurrection du 31 mai », etc. Les témoins attestaient leur patriotisme. — Acquittés sur l'intention. (Archives, i6id., n® 95, pièce 57 et Bulletin p. 106.)

24 (10 septembre).

Jean-Baptiste Moret, prévenu de conspiration contre la République, en lui livrant de mauvais fourrages. (Archives, W 447, n*» 98; Bulletiîi, p. 107.)

Catherine Breté, accusée d'avoir dit « que ceux qui avaient fait mourir le tyran étaient des f... g... et des g... qui méritaient de périr eux-mêmes, et que ceux qui avaient fait périr Charlotte Corday, assassin de Marat, étaient des g...; que les Parisiens étaient des lâches d'avoir laissé exécuter le jugement d'une aussi belle fille. »

— Propos tenus, selon les témoins, dans un moment d'humeur et elle en avait exprimé des regrets.

Acquittée sur l'intention. (Archives, ibid.^ n° 99 et Bulletin y p. 108.)

25 (11 septembre).

Claude Joblet : propos tendant au rétablissement de la royauté :

D. Si le 14 floréal il a dit qu'avant six mois on crieroit vive Louis XVII?

R. Qu'effectivement il avoit tenu ce propos, mais que c'étoit parce qu'il l'avoit entendu la veille; qu'il ne Ta jamais désiré.

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