CÎIAP. LYL — PRÉLIMINAIRES DU PROCÈS DE CARRIER
l'autre Danton, et qui, à la suite de Collot d'Herbois, entrèrent dans la ligue dont le résultat fut le 9 thermidor. Il était donc des vainqueurs du 9 thermidor; qu*avait-il à redouter désormais?
Néanmoins, dès avant le procès du comité de Nantes, le nom de Carrier avait déjà été prononcé à la Convention avec les imputations les plus graves. Le 8 vendémiaire an III, un député dont le nom n'est pas au Moniteurj montant à la tribune, dit :
On n'a conservé dans la Vendée que les généraux qui y ont commis le plus de scélératesses, ceux qui jouissaient de femmes après qu'elles étaient mortes, ceux qui les envoyaient à la mort après en avoir joui, ceux qui faisaient fusiller quand on venait leur demander justice. Il est temps de dire la vérité. La guerre de la Vendée n'a été rallumée que par les horreurs qu'on a commises dans ce pays...
11 est bon que vous sachiez, citoyens, qu'un représentant du peuple, après avoir promis une amnistie aux habitants de ce pays s'ils déposaient leurs armes, les a fait fusiller lorsqu'ils ont été désarmés (on frémit (V horreur). C'est Carrier. On lui amena une femme qui peut-être était coupable, je n'en sais rien : elle fut fusillée. Cette femme avait deux enfants, l'un âgé de trois ans, l'autre de vingt mois. Lorsqu'elle fut morte, on examina ce qu'on ferait de ses enfants. « Si on les laisse vivre, dit-on, ils se souviendront du traitement qu'a éprouvé leur mère, ce seront des serpents que la République nourrira dans son sein. Qu'ils périssent... » (V indignation augmente.)
Carrier était là. Il s'empressa de relever cette imputation :
Je n'ignore pas, dit-il, les calomnies que de vils pamphlétaires ufit répandues sur mon compte, et je m'apprête à y ré-