Ibid,, p
53 CUâP. LVII. ~ PROCÈS DE CARRIER.
subsistances, après avoir déchiré la patrie par la guerre la plus sanglante, la plus cruelle. Il entre dans mes projets, et ce sont les ordres de la Convention nationale, d'enlever toutes les subsistances, les denrées, les fourrages, tout, en un mot, de ce maudit pays ; de livrer aux flammes tous les bâtimcns qui y existent encore, d'en exterminer tous les habitans, car je vais à l'instant t'en faire passer l'ordre; et ils voudroient encore affamer les patriotes, après les avoir fait périr par milliers ! Oppose-toi de toutes tes forces à ce que la Vendée prenne ou garde un seul grain ; fais-les délivrer aux commissaires du département, séant à Nantes; je t'en donne l'ordre le plus précis, le plus impératif; tu m'en garantis, dès ce moment, l'exécution. En un mot, ne laisse rien dans ce pays de proscription : que les subsistances, denrées, fourrages, tout, absolument tout, se transporte à Nantes.
Salut et fraternité.
Signé : Carrier \
El au général Dufour :
10 iiivosc.
Continue, camarade, de servir la République et d'exécuter les ordres que je te donnerai. Qui peut être à l'abri des délations dans les circonslances où nous nous trouvons? Je te rendrai justice. Brûle, brûle toujours, c'est le vœu de la Convention, mais prends bien soin de sauver les bâtiments qui renferment des subsistances et du fourrage*.
Carrier répond encore sur celte lettre :
J'avois reçu les ordres les plus positifs de la Convention ; on m'avoit même envoyé des matières inflammables pour consommer les repaires des brigands'.
El sur la lettre du général Haxo, il refuse de répondre
1. Archive», W 493, n» 479, 2« parlic, pièce 18; copie, cl*. Bulletin, p. 4j.
2. Bulletin, p. 61. C(. Archivei, ibid,, 2*" partie, pièce 13.