HAINE DE CARRIER POUR NANTES
jusqu'à ce qu'on lui en ait représente l'original, disant d'ailleurs, comme pour les autres, qu'elle était littéralement conforme aux décrets. Mais le témoin Thomas fit savoir comment on exécutait ces ordres et ces décrets :
J'ai vu, dit-il, après la prise de Noirmoutiers, massacrer une municipalité en ccharpe, qui étoit venue pour désigner un repaire de brigands... J'ai vu brûler vifs des hommes, des femmes, des vieillards enfermés dans leurs maisons ; j*ai vu cent-cinquante soldats maltraiter, violer des femmes, des filles de quatorze à quinze ans, les massacrer ensuite et jeter de bayonnettes en bayonnettes de tendres enfants qui ctoicnt à côté de leurs mères étendues sur le carreau.
c Tout l'auditoire, ajoute le Bulletin^ a retenti d'un long frémissement d'horreur*. >
Mais la ville de Nantes elle-même, il n'était pas éloigné de la traiter comme la Vendée : « Carrier, à son arrivée, dit un administrateur du département, manifesta la plus grande prévention contre Nantes et même le projet de la détruire*. » L'adresse du 9 brumaire des Nantais, renvoyée par la Convention à la commission des Vingt et un et qui fut aussi lue devant le tribunal, était remplie de faits à cet égard. Il les avait pris en haine pour les résistances qu'il avait d'abord trouvées parm eux. Il avait dit à la Société populaire que les Nantais étaient des scélérats et qu'il fallait jouer à la boule avec leurs têtes ; le ton déclamatoire que cette conduite et ce langage leur inspire n'ôte rien aux fondements trop bien établis de leur plainte'.