‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (volume 4)Chapitre 34 sur 178 · Moniteur du 8 nifftse an HI (28 décembre · texte numérisé non relu

Moniteur du 8 nifftse an HI (28 décembre

allaient être aussi acquittés. Le président, les faisant rentrer les premiers, osa leur dire :

Allez jouir des embrassements de vos familles et de vos amisy et après Teffusioa de ces premiers sentiments, employez cette liberté qui va vous être restituée après la pénible épreuve que vous venez d'essuyer, livrez-vous tout entiers au service de la République : que votre attachement pour elle fasse oublier ces moments d'erreur où sans doute un zèle mal dirigé vous avoit entraînés, et souvenez-vous surtout que des républicains doivent savoir oublier toute haine particulière, tout désir de vengeance, toute passion pour ne s'occuper en s'unissant étroitement que de concourir uniquement au bonheur de la patrie.

Vous êtes libres * !

Carrier, Grand maison et Pinard furent ensuite intro* duits. Âpres avoir entendu sa sentence, Carrier osa dire : « Je meurs victime et innocent; mon dernier vœu est pour la République et le salut de mes concitoyens. »

« Il serait difficile d'exprimer, dit Des Essarts, avec quelle impatience le public qui remplissait en ce moment les salles, les cours du palais et toutes les rues adjacentes, attendait le résultat du jugement. Jamais procès n'avait paru fixer autant Tatlention publique, et jamais l'opinion n'avait paru plus prononcée contre des accusés. Cependant la nouvelle de la condamnation de Carrier sembla satisfaire l'attente générale; on apprit avec une certaine indifférence que presque tous les membres du comité avaient été acquittés, et il parut juste à la plupart que celui qui les avait poussés au crime expiât, avec ses fortaits, leurs trop coupables excès. Bientôt l'instant du supplice fut annoncé et attira dans tous

i. Arcliives, ibid.i 3* partie, pièce 45 (procès-verbal (l*audience).

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