DÉFENSE DE CARRIER. JUGEMENT
Défense de Carrier, jugement, 26 frimaire an 111 (16 décembre 1794). Allocution du président. Dernières paroles de Carrier.
11 était minuit et demi quand Carrier prit la parole à son tour. L'émotion excitée en faveur des autres se tournait tout entière contre lui : car il fallait bien que quelqu'un répondit du sang versé, et lui-même finit par accepter ce rôle fatal. Il parla quatre heures, et dit en terminant :
Fatigué, exténué, je m'en rapporte à la justice des jurés. Ha moralité est décrite dans une adresse de mon département. Je demande tout ce qui peut être accordé pour mes coaccu* ses. Je demande que si la justice nationale doit peser sur quelqu'un, elle pèse sur moi seuP.
Après le résumé du président, les questions étant posées, le jury se retira dans la chambre de ses délibérations pour les résoudre.
Sa réponse fut affirmative sur tous les points en ce qui concernait Carrier, Grandmaison et Pinard, et négative pour Gallon et Yic ; pour tous les autres, affirmative sur les faits, négative sur Tintention. C'était la mort pour Carrier^ Grandmaison et Pinard ; la liberté pour Gallon et Yic, et non pas pour eux seulement : GouUin, Chaux, Bachelier, Robin, etc., étaient déclarés coupables de noyades, de fusillades et de tous les excès qu'on a vus; mais comme ils avaient noyé, fusillé, pillé sans intention contre-révolutionnaire (tant s'en fauti) ils