CHAP. LIX. — PROCÈS DE FOUQUÏER-TINVILLE, ETC
commission de vingt et un membres pour faire un rapport sur les faits imputés aux quatre autres : Billaud- Varennes, Collot d'Herbois, Barère et Vadier.
Ces quatre étaient assurément, après ceux qui avaient péri, les hommes le plus directement responsables du régime de la Terreur. Billaud-Yarennes en était l'âme. Sa parole avait une vertu homicide — un poignard sur la langue, disait Courtois. — Barère avec son éloquence fleurie n*avait guère fait moins de mal : « Faible et léger, peureux », tel était le fond de son caractère; et que ne doit-on pas craindre de la peur jointe à la faiblesse dans ces temps de tourmente? « C'est cet homme atroce par lâcheté, disait le même Courtois, qui, le premier, attaqua Camille Desmoulins au sujet du vieux Cordelier*.» 11 était l'auteur du mot : // rCya que les morts qui ne reviennent pas^ mot qu'il expliqua plus lard% mais qu'il laissa appliquer durant toute la Terreur sans commentaire. Le vieux Vadier poursuivait ses ennemis avec racharnemcnt de la hyène : il l'avait montré dans le procès des Darmaing. Il était souterrainement cruel. Collot d'Herbois l'était avec ostentation. Il se vantait à la tribune des Jacobins de connaître un homme suspect en le regardant seulement entre deux yeux'\ Dans ces temps où, sous les étreintes de la misère et de la famine, la dépopulation était à Tordre du jour, il recommandait, disait-on, pour le salut du corps social, une « transpiration abondante qui ne de-*
1 . Jule« Clmctic, Camille Ùesmoulinê, notes de Courtois. (Voyez sur lui un IH>rlrait plus étudie de Mcillau, Mémoires, p. 6.)
2. Mémoires de Barère, publics par H. Carnot et David d'Angei*s, t. I, p. 17.
3. yoles de Courtois ^ publiées par M. J. Glarclie» Camille Desmoulins , p. 472.