TÉMOINS MIS EN ACCUSATION
d'un simple transfèrement à Yincennes; el lui-môme y avait pris part : il y avait ajouté des noms de sa propre main. Gùyard, concierge, et Verney, porte-clef du Luxembourg, avaient seconde Lanne dans cette œuvre, Verney surtout en désignant ceux qui pouvaient le mieux s'y prêter comme dénonciateurs et les menaçant de les signaler eux-mêmes comme conspirateurs, s'ils s'y refusaient. Il avait compté sur une liste de 250 à 300, il l'avait annoncée et il s'était montré fort irrité lorsque Boyaval et Beausire ne lui fournirent que 145 à 147 noms environ. Guyard cherchait à provoquer une rébellion réelle parmi les prisonniers, en les accablant de mauvais traitements. Il ne s'inquiétait pas, dans la confusion de ces boucheries, de livrer un prévenu pour un autre : « Que m'importe, disait-il, que ce soit celui-là ou un autre, pourvu que j'aie mon nombre », ajoutant : c Qu'il passe aujourd'hui ou demain, cela n'est-il pas égal? » Boyaval, Beausire et avec eux Benoit avaient donc été les principaux auteurs de ces listes ; et ils avaient servi de témoins pour achever leurs victimes devant le tribunal. Dupaumier avait été, en particulier, l'inventeur de la conspiration de fiicêtre qui donna l'idée de toutes les autres \
Ces différents griefs résumés dans les deux actes d'accusation et dont on a vu la justification dans l'histoire qui précède, furent repris d'ensemble par le substitut Cambon à l'audience du 25 devant les nouveaux accusés et devinrent le sujet des débals. Cela ramena devant le tribunal plusieurs témoins déjà entendus, mais qu'il fallait bien entendre encore pour que leurs dépo-
i. Procès Fouquier, n** 31 et 32; cf. Archives, même dossier, pièce il. — Sur Dopaamier diverses pièces, ibid,, pièces 17-26.