Ibid., ir42, p
S. Nous ne revenons pas sur ces témoignages, nous en avons reproduit lés priocipiiux traits, soit dans le tableau du tribunal révolutionnaire après la loi du 22 prairial, soit dans l'exposé des affaires auxquelles ils se rapprtenl. Après le 2 floréal an HI, le rédacteur du Bulletin qui donne le procès de Fouquier- Tinville, y renonce lui-même et dit :
i. Nous prévenons nos lecteurs que nous terminons ici les déclarations des témoins entendus dans le cours de cette longue procédure, dont les audiences, depuis le 1" floréal ju^u*au jugement, ont duré environ douze heures par jour. Ndus regrettons de ne pouvoir exjtoser dam ce moment ce qui concerne
iU CHAP. LIX. — PROCÈS DE FOUQOIER - TINVJLLE, ETC.
Le Moniteur^ qui n'a pas rendu compte des débats, les résume avec une brièveté dédaigneuse : « La longue durée des débats ne tient pas seulement à la complication de cette cause et au grand nombre de prévenus, mais encore à l'extrême latitude qui leur a été accordée pour produire tous leurs moyens de défense. Malgré la prolixité de leurs objections et leurs divagations fréquentes, jamais la parole ne leur a été interdite. Une longue procession de témoins à décharge a été admise à déposer, même sur la moralité des accusés la plus antérieure aux fonctions sur l'exercice desquelles leur conduite était soumise à Texamen du tribunal. La fatigue et les dégoûts d'une instruclion si prolongée et devenue permanente, également pénible, il est vrai, pour les prévenus et pour le tribunal, n'ont occasionné ni découragement ni précipitation. Les jurés ont montré jusqu'à la fin toute l'impassibilité qu'exige cette institution sublime. Souvent troublés par les murmures impatients de l'auditoire, par l'exaspération des esprits qui se manifestait à tous moments contre les prévenus, malgré les représentations énergiques du président et de l'accusateur public, ils paraissaient à i>eine s'apercevoir de ces inconvenances. Aussi leur patience et leur attention soutenue inspiraient-elles la plus grande confiance aux accusés.
€ Le caractère impétueux de Fouquier-Tinville a rendu quelquefois les séances très orageuses. Il se déchaînait avec violence contre l'auditoire et, regardant aussi comme une injustice les observations pressantes du ministère public, il l'accusait lui-même de partialité.
< Dans ces luttes énergiques d'une part, et indécentes
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de Tautre, Fouquior s'abandonnait à toute la fureur de son earactère; il lui arrivait même d'adresser à sa partie adverse des expressions injurieuses.
< Dardenne, Tun des substituts, a plusieurs fois tonné avec une éloquence foudroyante contre le système horrible de dépopulation dont le tribunal du 22 prairial fut un des moyens d'exécution les plus actifs. Entraîné par une indignation généreuse, il s'écartait peut-être un peu des bornes de son rigoureux ministère, et Fouquier en prenait aussitôt l'occasion de répondre avec véhémence. Privé de véritables talents, doué seulement d'une astucieuse perspicacité, il puisait quelquefois dans Texcès de son mécontentement une c^'.rtaine force de logique et des mouvements oratoires qui le faisaient écouter avec un peu plus de calme. Mais le désordre de son âme était au comble, lorsque les greffiers, huissiers et autres employés du tribunal, qu'il avait eus longtemps sous sa direction, venaient développer, en qualité de témoins, tout ce qu'ils avaient connu de sa conduite ostensible, et les détails particuliers qu'eux seuls avaient pu saisir dans la continuité de leurs relations avec lui.
€ En général les plaidoyers des défenseurs ont été plus oiseux qu'utiles aux prévenus. Ceux-ci s^étaient défendus eux-mêmes avec tout le soin et l'étendue que leur intérêt pouvait les porter à y donner. Fouquier a improvisé sa défense avec une impétuosité soutenue; et si elle a été impuissante sur l'esprit des jurés, c'est moins par l'insuffisance et la faiblesse des moyens présentés, que par le nombre et l'évidence des délits qu'il lui était impossible de réfuter victorieusement. »
Et il ajoute quelques mots sur la défense d'Herman, de Vilatc, do Kenaudin, parlant de leurs vertus