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LE TRIBUNAL JUGÉ PAR LA CONVENTION. i27
dépassé sous sa forme nouvelle l'es horreurs de ces journées :
Hs périrent aussi, disait-il, les prétendus conspirateurs du mois de septembre, mais leur fortune au moins ne fut pas confisquée; elle fut laissée à leurs fomilles éplorées. Et pourquoi les parents des victitnes de messidor seraient-ils plus cruellement traités que ceux des victimes du mois de septembre? Serait-ce parce qu'en messidor les vrais conjures, plus audacieux qu'au mois de septembre, n'auraient pas cru avoir besoin de s*enfouir dans l'ombré des cachots et auraient -commis leurs crimes publiquement?
D'autres membres appuyèrent encore la proposition en la modifiant; plusieurs, pour la mieux coordonner, en demandèrent le renvoi au Comité de législation, tandis que le restant des terroristes, Duhem, Chasles, Ruamps, réclamaient la question préalable; et le renvoi fut ordonné malgré Duhem qui criait :
« Vous assassinez la patrie, vous décrétez la contre-révolution !^ x>
Plus d'un mois s'écoula. Le Comité ne faisant pas son rapport, la question fut reprise les 13 et 14 floréal, et cette fois dans des termes plus laides. C'était à tous les condamnés des tribunaux ou commissions révolutionnaires, avant comme après la loi du .22 prairial, qu'on proposait d'appliquer la mesure de restitution; c'était la confiscation même que l'on voulait abolir. Tel était l'objet du discours de Louvet*, et Boissy d'Ânglas ne pouvait pas manquer de s'y rallier. Toutefois dans ces
i. Moniteur du 4 germinal an \U (24 mai 1795).
2. Sétncc du 15 Boréal an 111 (2 mai 1795). Monileur du 10 et du 17. — Louvet était rentré dans la Convcnliou jr. vertu du décret du 18 ventùse an 111 (8 mars 1795).
i28 CUAP. UX. — PROCÈS DE FOUQDIER-TIN VILLE, ETC.
termes, la proposition devait rencontrer des contradicteurs. Mais pour ce qui est du tribunal, nul n'osa en prendre la défense, nul ne lui marchanda les qualifications qu'il méritait. Giraud (de TAube) niait les droits du trésor aux biens confisqués, sur ce principe que c nul ne peut hériter de celui qu'il a assassiné. » Berlier soutenait que les jugements des tribunaux et commissions révolutionnaires ayant été dépourvus des formes prolectrices de Tordre social, il y avait lieu de les annuler tous, sans rechercher s'ils frappaient ou non des coupables. Tous insistent sur le caractère dominant de ces* actes : l'assassinat. — Lanjuinais^ :
ce II est nécessaire de convenir que tous ces individus inno cents ou coupables n'ont pas été jugés, mais assassinés ! » (Vifs applaudissements.)
Et répétant presque dans les mômes termes cette affirmation, il fut encore applaudi à plusieurs reprises. Et Gamon :
« On vous a déjà prouvé, vous avez âenti, comme tous les amis de la liberté, combien il est juste de restituer aux veuves, aux enfants de tous les Français injustement ou même illégalement condamnés, les biens que les tyrans avaient envahis au nom de la nation : vous respectez trop le peuple, vous vous respectez trop vous-mêmes pour vouloir, en retenant ces biens, associer la Convention et le peuple aux brigandages, aux crimes de vos derniers tyrans qui, non contents d*assassiner pour s'emparer des dépouilles des morts, osaient encore se jacter de leur scélératesse, et venaient à cette tribune proférer ces mots atroces : « Nous battons monnaie sur la place de la Révolution '. »
1. Rentré dans la Convention en vertu du décret du 18 ventôse an lU (8 mars i7U5).