Histoire du Velay
e vous adresse ces deux volumes de Récits du moyen-age, et désire vivement que leur lecture ait pour vous quelque charme. C'est le tribut d'une vieille amitié ; recevez-le donc comme le témoignage qui m'a semblé le plus digne de vous être offert. Je sais combien
tout ce qui se rattache à l'histoire de notre pays vous est cher , et depuis longtemps vous m'avez habitué à trop de bienveillance pour que je ne ressente pas un véritable plaisir à vous dédier ce travail.
J'ai cherché, autant qu'il m'a été possible, à dépouiller nos chroniques de leur aridité , en rejetant dans des notes spéciales les documents qui consacrent l'exactitude du texte. J'ai fait mes efforts pour mettre en lumière les parties les plus ignorées , pour que toute action honorable et utile apparaisse comme un enseignement. Quant à la forme , elle n'est pas toujours égale, je l'avoue; il ne faut même pas y regarder de bien près pour reconnaître les pages écrites dans ma jeunesse. Je me suis constamment appliqué à saisit les empreintes successi-
ves des époques à mesure que je les traverse , afin que le lecteur se trouve, à son tour, complètement transporté sur le théâtre des événements qu'il veut étudier.
Avais-je à raconter les austères, et pieuses légendes de Notre-Dame ? J'ai conservé au style la gravité que le sujet exige. Devais-je retracer f au contraire , ces époques chevaleresques dont les troubadours nous ont seuls parfaitement dépeint le caractère sentimental et guerrier? Je me suis inspiré, pour les mieux faire connaître , de ces sirventes héroïques , de ces tensons amoureux qui firent longtemps l'objet de mes études ; et c'est dans les poésies
romanesques de Gapdeuîl , de Saint-Didier , de Cardinal, que j'ai puisé mes récits. Fallait-il , après cela , exposer les ruineuses chevauchées
LES RECITS DU MOYEN-AGE