‹ Histoire du Velay (volume 3)Chapitre 23 sur 61 · LE MONT ANIS AU VI" SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE MONT ANIS AU VI" SIÈCLE

Dire ce qu'il y avait sur le mont Anis quand Scutaire construisit son église , nous semble difficile ; dire ce qu'il n'y avait pas nous paraît vraiment plus aisé. Sans doute c'est quelque chose que de retrouver dans les murailles, si souvent remaniées, de la vénérable basilique, un plus ou moins grand nombre de blocs gallo-romains couverts de sculptures et

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d'inscriptions ; mais ces découvertes obscurcissent bien plus la question des origines qu'elles ne Féclairent, car elles la compliquent souvent de problèmes divers dont quelques-uns resteront à jamais insolubles.

Nous ne reviendrons pas, dans ce travail, sur les développements que nous avons déjà produits , ils ne seraient point ici à leur endroit , et trouvent mieux leur place dans nos études sur les a/ntiqmtés d'Anicium. Nous nous contenterons seulement de rappeler que nous sommes au VI« siècle. La date peut être précisée , car nous avons en notre faveur l'irrécusable autorité de Grégoire de Toure. L'illustre écrivain vivait à cette époque , et quand il raconte un fait de 591, accompli trois ans avant sa mort, près d'Anicium , alors qu'Aurèle était évèque en cet endroit , on a le témoignage le plus authentique, le plus certain que l'histoire puisse donner (1 );

(1) Si l'école trop absolue des légendaires exclusifs reproche à Irrégoire de Tours, le légendaire par excellence, de manquer d'eiçactitode, quelle histoire accepterart-elle? — Grégoire dç Tours, né en 544 , écrivain érudit, dont l'existence s'est passée tout entière dans l'étude, qui a moniré tant de patience et tant de zèle pour les recherches historiques, Grégoire de Tours, qui fut évéque et dont l'Eglise a fait un saint, ponvaitrU ignorer la date des premières évangélisations dans les Gaules, et commettre l'erreur capitale qu'on lui reproche

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or y si Aurèle occupait le siège épiscopai en 591 , son prédécesseur immédiat, Scutaire , devait Foccuper de 550 à 570 environ.

Ce premier point établi , nous demanderons à ceux qui nous lisent de ne pas perdre de vue la décadence complète dans laquelle tant d'invasions barbares avaient précipité les Gaules (1), par conséquent de ne plus songer à cette civilisation galloromaine dont, plus de cent ans avant, Sidoine Apollinaire décrivait poétiquement les dernières splendeurs, à ces temples dont nul n*avait plus souvenir, à ces palais dont on cherchait la trace, à ces monumentales sculptures dont les ruines dispersées jonchaient le sol ou servaient aux constructions les plus vulgaires. De mortelles .ombres recouvraient hommes et choses. Les aspirations aux arts et aux sciences s'étaient éteintes dans les intelligences, et la plus brutale confusion régnait despotiquement dans les institutions et les coutumes.

Pourquoi Vosy quitta-t-il Ruessium? — La légende indique l'inspiration religieuse ; les troubles,

sur ce qui fit l'objet constant de ses méditations, de son amour et de sa foi?

(1) Le Yelay, uni sous Auguste à l'Aquitaine, devient libre au III* siècle, tombe au pouvoir des Visigoths en 472, des Francs en 507, des Visigotbs en 509, des Francs en 560, est ravagé par les Saxons en 568, etc.

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