‹ Histoire du Velay (volume 3)Chapitre 24 sur 61 · LE MONT ANIS AU VI« SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE MONT ANIS AU VI« SIÈCLE

les irruptions incessantes de ces jours de pillage, révèlent assez les nécessités matérielles (1). L'ancienne métropole se trouvait constamment exposée^ par sa situation même, aux surprises sur tous les points. L'évêque chercha un lieu meilleur, où le sanctuaire pût être plus facilement défendu. La montagne d'Ânis et le gigantesque rocher qui la sur*

(1) En Tannée 532, Tbéodéric, l'un des Ûls et des successeurs de Clodowig, dit à ceux des guerriers qu'il commandait: « Suivez-moi vers ia contrée des Arvernes, et je vous ferai » entrer dans un pays où vous prendrez de l'or et de l'ar- » genl autant que vous en pouvez désirer, où vous enlève- » rez en abondance des troupeaux, des esclaves et des vêle- » ments.... » Les Francs prirent les armes, passèrent la Loire et s'avancèrent sur le territoire des Arvernes. Ceux-ci payèrent alors avec usure la résistance qu'ils avaient osé faire à la première invasion. Tout fut dévasté chez eux ; los églises et les monastères étaient rasés jusqu'aux fondements; les Jeunes gens et les jeunes femmes étaient traînés, les mains liées, à la suite du bagage, pour être vendus comme esclaves; les habitants de cette malheureuse contrée périrent en grand nombre ou furent ruinés par le pillage. « Rien ne leur » fut laissé de ce qu'ils possédaient, dit une ancienne chro- » nique, si ce n'est la terre seule que les barbares ne pou- ♦ valent pas emporter. » Augustin Thierry, Dix ans d'étvdes, p. 362. — Greg. Turon., apud script, rer. gallic, t. II, p. 191. — Act. S. Austremonii ap. script, rer. gallic. et franc, t. III, p. 407. — Vita S. Fidoli, ibid, — Hugonis, Chron, virdtm. Apud script., t. III, p. 356.

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monte s'offraient à loi ; cette admirable disposition détennina sa préférence.

En ce temps-là la montagne était-elle recouverte dliabitations ? — La légende le conteste, et rien ne s*oppose à ce que sa version soit la véritable (1 ) • Nous ne trouvons aucun argument contraire dans la présence sur les lieux, pas plus alors qu'aujourd'hui , de ruines antiques : car l'étude de ces fragments

(1} Souvent la légende s'enchaîne à Thistoirepar une version commune dont Tarchéologle vérifie et constate l'exactitude. — Ainsi, au temps de saint Georges, disent nos légendaires» tme malade est guérie de la fièvre, parce qu'elle s'est fait porter, à la voix de Marie, sur une pierre solitaire piac^e en guise dScmtel au sommet du mont Ànis, — Sous saint Vosy, la même merveille se reproduit: une seconde matrone, depuis longtemps infirme, a une vision semblable. La Vierge lui apparaît, lui ordonne de se faire porter également sur la grande dalle du mont Anis, et de redire à Vosy ce qu'elle avait fait dire à Georges : qu'à la place de cette pierre, elle désirait qu'on élevât une église qui lui fût consacrée. — La matrone y alla, fut guérie, et l'évoque prépara tout pour que les volontés de Marie fussent exécutées. — Depuis, la pierre miraculeuse fut religieusement conservée. On la plaça sous le parvis, et, durant plus de dix siècles, les personnes souffrantes de la fièvre se couchaient sur elle, priaient et se relevaient guéries. — La Pierre-aux^Fièvres est toujours à la même place. C'est un bloc brut, immense, étranger par sa nature géologique aux roches du pays, et de celles auxquelles les antiquaires reconnaissent tous les caractères des dolmen.

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