‹ Histoire du Velay (volume 3)Chapitre 40 sur 61 · ANCIENNE STATUE DE NOTBE-DAME DU PU Y · texte numérisé non relu

ANCIENNE STATUE DE NOTBE-DAME DU PU Y

tnV» AXALinODI Fini PAM PADJAS de SAIMT-POIIS LBS 85 IT 30 OCTOBRI

Kt IM Z lOVEXBU i777

s I. Deicripikm de U Statue Mie qu'on la voit au^stus de l* autel ,

daus la nieke où elle est placée

Lorsqu'on est entré dans le chœur de l'église cathédrale du Puy , séparé de la nef à la manière de plusieurs anciennes églises , on yoit un autel assez moderne , à la romaine , fait en marbre de différentes couleurs , surmonté par une espèce de petit baldaquin , sous lequel est placée la statue établie sur un piédestal en marbre assez élevé. Gomme le jour qui l'éclairé vient dans un sens contraire , on ne la voit pas d'une manière bien distincte; il faut

^V» Là SADOB HAfiB.

donc monter sor Tantel, lorsqu'on veut la contempler de près-

Elle est counnie d'un grand manteau d*étoffe dVr qui ren\eloppe depuis le col jusqu'aux pieds et qui « $e trou^rant tn[>p resserré par le haut et d'ane ^niste capadte par le bas, donne à la vierge une fonuo conique qiù manifeste le goût le plus barbare. Lonfant Jésus , qui parait de loui collé sur l'estomac de sa mèn^. montre sa petite tête noire par une ouvortun^ laite au manteau. Des souliers d'étoffe dVr so voient aux pieds de la statue, dont la tète est onuv d'une couronne en manière de casque d*uno forme singulière et dont je parierai bientôt : une seconde couronne , dTun style un peu plus modenu\ est suspendue sur la première, diTers rangs do tntV}vtlîos perles pendent derrière la tète en iiiiisc do chovoux.

Ix* uiauîoau dont j*ai parié est surchargé d'une multitude de différents rvliquaires qui y sont attachôs« ot panui lesquels on en Toit quelques-uns enrichis de diamants . d autres sont encore émailiés de diverses couleurs « plusieurs sont en cristal de ni)che ou eu pierrvs fausses. On y remarque encore divers bijoiii « tels que des bagues , des cœurs d'or et d*ar^ut ; mais j*eus le plaisir surtout d*y découvrir une cornaline orientale antique , fort belle ; celte pierre, gravée en creux, nepiêsente im Apdlon

nu , d'une très - bonne proportion , tenant une branche de laurier dans sa main droite , tandis que l'autre est appuyée contre un fût de colonne sur lequel repose une lyre. Cette pièce, garnie d'un entourage d'or émaillé, est montée en forme de médaille ; quelque âme pieuse l'avait peut-être anciennement portée suspendue à son chapelet ou à son col.

s n. Jkscr^Uon de la SMue, telle qu'elle ett sous le manteau

qui la couvre

Je vais lever ce voile , ou plutôt ce manteau moderne , et nous allons voir une statue bien différente de celle que je viens de décrire. Gomme je Favais soutirée de sa niche pour la placer dans un endroit fort éclairé , où je l'avais sous la main , et que j'ai eu la constance de l'examiner soigneusement pendant quatre séances différentes, je ne dirai rien que Je n'aie vu de mes propres yeux.

1® La statue a deux pieds trois pouces de hauteur, elle est dessinée d'une manière dure et raide , son attitude est celle d'une personne assise sur un siège, à la manière de certaines divinités égyptiennes ; elle tient sur son giron (1) un enfant dont la tête vient

(1) Giron est un mot consacré pour désigner Tespace qui est depuis la ceinture jusqu'aux genoux, dans une personne

LA SADin DU6B.

ct^rrespondre arec restomac de h statue qni est en b.ns . pinissant être d*ime seule pièce , et pesant onvîron vingt-cinq lÎTres; le fauteuil sur lequel f lio repose est détaché ; je le crois d'un travail moderne,

^' Je doi$ dire, avant de passer à d'antres détails, qne !a statue est de cèdre ; on y distingue la couleur 0! toutes les qualités de ce bois. Tajoute qu'elle fviraî: c^ire très-ancienne ; mais roici ce qu'il y a de n^nvirqiMble et de bien digne d'attention : Toute la st.t:ue est enùc^Tvment enveloppée, depuis la tète jus^uaut pieds, de plusieurs bandes d'une toile ^:i^^j n»e« très-soifneusenient et très-solidement «vIUvs si:r le Kms. à la manière des momies égyptiennes. i>s toiles si>nt appliquées sur le visage de U r.h^' e: ^ie Tentant : les |Heds en sont également en:oures « iv qui est oause qn on ne peut distinguer auoun V(V^:ux^ Jo doi«:ts. I^ pareilles bandelettes n\v::vn-v. 41:555^ h nuin: mais les doigts sontcar5ioîerî;?i[S , ils son; d'une raideur extrême et du i^us nuu^;i:s vU'Si^n*

> r W: s;:r oes toîîes fonemmt collées sur toute retondue du bois . ainsi qae je l'ai déjà dit, qu'on a d AK>ï\i jeté une vvacho de blanc i la gouache,

sur laquelle on a peint à la détrempe les draperies accompagnées d'ornements de différentes couleurs.

La face de la mère et celle du petit Jésus sont d"un noir foncé qui imite le poli de l'ébène. En examinant de très-près leur visage tirant sur VéthiO' pi&ii et le more , pour me servir des expressions du père de Gissey, j'y remarquai quelques traces d'égratignures où la couleur n'a ni le même ton , ni la même solidité que dans les autres parties qui sont conservées ; ce qui me fit présumer que c'étaient des dégradations réparées après coup. La toile se montrait sensiblement sous les petites défectuosités mal réparées, particulièrement sur le visage de Tenfant qui avait été plus endommagé. Je faisais part de mon observation au dessinateur et à deux ecclésiastiques qm' étaient avec moi, lorsqu'un des portiers à qui la garde de l'église est confiée ; homme assez intelligent dans son espèce , et fort complaisant , m'assura qu'à force de faire toucher des chapelets et des reliquaires à la statue on avait altéré à la longue , par le frottement , quelques parties du visage de la mère et de l'enfant , mais qu'on avait chargé un peintre qu'il me nomma , de remettre du noir là où il en manquait ; cet éclaircissement me satisfit.

Si l'on veut savoir à présent ce qui peut m'autoriser à prononcer d'une manière si positive sur la

qualité du bois de la statue et sur les toiles qui y sont adaptées, je dirai que, ne voulant point porter de jugement précipité et sans connaissance de cause sur un objet qui peut intéresser les amateurs de l'antiquité, je coupai très-proprement avec la pointe d*un canif, dans un endroit qui ne pouvait point nuire à la statue, un morceau du bois dont elle est faite ; ce qui non-seulement me fit connaître que c'était du cèdre , mais me fit apercevoir encore que la toile collée formait une double enveloppe.

s III. Téie de la Statue

La forme du visage présente un ovale extrêmement allongé et contre toutes les règles du dessin. Le père de Gissey se contente de dire que la face est longuette ; il aurait mieux fait de dire qu'elle est longxssime ; le nez est également d'une grosseur et d'une longueur démesurées , et d'une tournure choquante. La bouche est petite, le menton raccouixi et rond , la partie osseuse supérieure de Fœil fort saillante , et l'œil malgré cela très-petit. Ijo père Odo de Gissey nous apprend que les yeux si>nt d'étoffe diverse du reste de l'image , que quelques-uns tiennent que ee sont pierres d'agate lo\\mfur$ on prunelles iToril, d'autres jugent que

LA SAINTE DfACE. 211

ce sont deux perles d'excellente grandeur , peintes et agencées de telle sorte, qu* elles paraissent à guise de deux beaux yeux avec vivacité, que vou^ diriez qu'elle regarde les spectateurs gravement toutes foi^. On ne se douterait pas, d'après une telle description , que ces deux beaux yeux , que ces deux perles ne sont que deux portions demi-sphériques d'un verre très-commun; ces deux portions de verre sont concaves d'un côté , et convexes de l'autre : la face convexe se présente extérieurement et imite le globe de l'œil , tandis que la partie concave étant appliquée sur un plan intérieur peint avec les couleurs de l'œil , en imite l'iris. Cette espèce d'œil artificiel , fait dans un temps où l'on ignorait la manière de façonner des yeux d'émail , se trouve assez ingénieusement exécutée ; mais comme ceux-ci ont été mal assortis à la grandeur du visage , et qu'ils sont forts tranchants , malgré leur petitesse , sur une face noire , on ne peut dissimuler que cette figure n'ait un air hagard et en même temps étonné, qui inspire de la surprise et môme de l'effroi.

Ce serait ici le moment de parler des oreilles et de la chevelure ; mais j'avoue , quelque envie que j*aie eue de les examiner, qu'il ne m'a pas été possible d'avoir cette satisfaction. En voici la cause : j'ai annoncé que la tête était couverte d'une cou-

212 LA SAIHTB IMAGE.

ronne faite en forme de casque ; on croirait naturellement trouver sous cette couronne une chevelure ou quelqu*autre chose qui dût y ressembler , mais point du tout. Le premier objet qu'on aperçoit est une espèce de tissu noir assez commun, qui couvre totalement le dessus et le derrière de la tète, et cache entièrement les oreilles. Sous cette première enveloppe on en remarque une seconde formée par des lisières de soie noire , et enfin une troisième en toile de fil; le tout est très-étroitement lié et fortement resserré contre la tète. J'aurais passionnément désiré voir ce qu'il y avait sous cette triple enveloppe , mais on croyait ne m'avoir déjà que trop accordé en me permettant de tirer la statue de sa niche; il n'aurait fallu rien moins que des ordres supérieurs pour pouvoir la dépouiller de toutes ses coiffures , et voir la tète dans son état naturel.

Je confesse cependant que je ne pus m'empêcher de passer tout doucement mes doigts sous cette suite de bandeaux , pour tâcher de découvrir les oreilles; mais hélas! à mesure que j'avançais, j'entendais le déchirement des bandelettes desséchées et comme cuites par la vétusté ; c'était autant de déchirures que je craignais de faire à l'âme des honnêtes ecclésiastiques qui avaient bien voulu seconder ma curiosité. La tête me parut absolument

LA SAINTE IMAGE. 2l3

lisse et sans chevelure. — Je ne puis qu'exhorter MM. les chanoines , si jamais on est dans le cas de refaire de nouvelles coiffes à la statue, qui en a grand besoin, d'examiner soigneusement cette tète , et de la faire dessiner. Je n'oublierai pas de dire qu'en passant mes doigts sous les enveloppes dont j'ai parlé , je sentis dans la région du col une espèce de relief à demi-cylindrique , à peu près de la grosseur du petit doigt, qui se prolongeait depuis la naissance du col jusqu'à la nuque, où il allait se perdre; cette singularité, vue à découvert et bien étudiée , pourrait donner des lumières sur la qualité essentielle de cette figure , qui pourrait bien n'avoir pas toujours été une image destinée à représenter la mère de Dieu.

Il faut s'arrêter ici et dire un mot de la couronne qui n'est point d'un métal précieux ; elle est en cuivre doré, ayant la forme d'un casque travaillé à jour dans certaines parties; deux portions mobiles de ce casque se prolongent jusqu'au- dessous des oreilles; et ces espèces d'oreillettes, quoique mobiles, sont attachées à la couronne. La gravure exacte que j'en ai fait faire me dispense d'autres détails sur sa forme. Je remarquai avec plaisir qu'elle est ornée de plusieurs camées antiques , parmi lesquels on voit deux belles têtes en relief , dont une de femme, qui me parut être une Julie, et

?t4 &A Siim

ose «TboBBiie que je B a pas co le temps d'étodte. Cm ▼ a T^ mie tnjfeiqu e, anirm de la grandeur d'an êra de trois lÎTres. qoi représente la tète et h psrtie du deiant d'un três^4iean cherd ; on Toit i cMê de ce co«irâer on homme dont la tMe est couverte d'an bonnet fût à la mamère des Fuihes, avec on très-petit nuntean légalement jeté sur ses épaoies nues, ainsi que le reste dn corps. Ge personioçe présente à on antre homme , hahiDé dans le même costnme. on très-jeane enbnt no. Cet homme assis sor nne espèce de chaise antiqae, an pied de laqoeîie est on sai^lier, parait reœYoir cet en£int avec empressement. Ge soget, relatif peutêtre à la naissance d'Adonis, mérite nne étude particulière: à j'avais eu le temps de le fidre dessiner, je n'aurais pas manqué de le faire graTer. La pierre est une a^te onyx, les figures sont d*un très-bean relief et d*un assez bon tra^-ail. L'artiste a pn^té adn>itement des couleurs delà pierre, qui sont tItcs, pour en rehausser les draperies. Le derrière de k coiu'oune est encore orné d'une [»erre antique , presqu aussi ^crande que la précédente, qui représente une lionne en relief. On voit encore sur cette couronne quelques pierres fausses, imitant des émeraudes . des rubis . etc. Je ne parlerai pas de la seconde couronne qui est sur celle-ci, parce qu'elle n*en vaut pas la peine.

S IV. De la draperie et des autres ornements de la Statue

La draperie est grossièrement sculptée en bois, il n'y est pas question de plis. Les toiles qui y sont collées, ainsi que je Fai déjà dit, sont peintes à la détrempe, non à la manière de nos indiennes, mais avec des couleurs épaisses et solides qui imitent celles des momies égyptiennes. L'habillement est une espèce de tunique qui est censée se fermer pardevant, et qui prend depuis le col jusqu'aux pieds ; cette tunique est fort étroite et fort resserrée dans la partie qui forme la taille, tandis qu'en descendant elle s'élargit en manière de jupe, mais toujours sans plis : les manches n'excèdent pas le coude, où elles se terminent en manchettes évasées; de secondes manches, qui enveloppent étroitement les bras, se prolongent jusqu'aux poignets.

La partie de la robe depuis le col jusqu'à la ceinture est à fond vert, mais d'un vert faux qui tire sur le bleu ; les ornements qu'on y distingue et dont j'ai fait dessiner exactement les contours, sont d'un blanc jaunâtre. La jupe est peinte en rouge ocreux, les losanges et autres ornements dont on l'a décorée sont d'un blanc terne; ceux qu'on a voulu figurer pour imiter les agréments et la garniture de la robe qui se ferme par-devant, sont de couleur jaune ; le bas dé la jupe, où l'on a voulu

représenter des espèces de franges, sont de la même couleur. On voit sur la bordure des manchettes gauches de la robe, des caractères que j'ai fait dessiner a^ec une exactitude sur laquelle on peut compter. (La gravure en tête de cette note en est la reproduction exacte.)

Quoique les pieds de la statue paraissent attenants à la jupe, ils en sont détachés, et les jambes se prolongent môme intérieurement d'environ trois pouces et demi sous le vide que forme la jupe; ces jambes sont entourées de plusieurs bandelettes peintes en noir. On voit encore une ouverture d'environ trois pouces de longueur sur un pouce de largeur, pratiquée dans le bois non loin de la naissance des jambes ; cette ouverture, qui forme un rectangle, a cinq pouces de profondeur. — 11 me paraît qu'elle a pu servir à fixer la statue, ou sur un piédestal, ou sur une chaise qui ne devait pas être celle sur laquelle on la voit à présent.

La face de la statue et ses pieds, ainsi que je l'ai déjà dit, sont noirs, mais les mains sont peintes en blanc.

On ne découvre absolument aucune élévation, aucun relief sur la partie où devrait être placé le sein; il n'existe aucun vestige de gorge.

La robe de l'enfant, faite en tunique et attachée par une ceinture, est d'une couleur rouge très-

foncée ; on y Yoit pour ornements un grand nombre de petites croix grecques.

Yoilà la description fidèle de la statue actuelle de Notre-Dame du Puy. — On a vu : !<> que la croyance générale est qu'elle, vient d'Egypte, et que la chronique et les auteurs sont d'accord sur ce point ; 2® les différentes enveloppes de toiles, fortement adaptées sur le bois, et sur lesquelles on a appliqué des couleurs épaisses, annoncent un procédé, une manière usitée chez les Egyptiens; 3<> les petites croix grecques qu'on voit sur la tunique de l'enfant pourraient en rigueur n'être pas envisagées comme un signe chrétien, car la table isiaque, l'obélisque hiéroglyphique de Rome, ont des espèces de petites croix à peu près semblables ; ces signes étaient relatifs aux mesures du Nil ; 4° le temple de Diane, qu'on fait voir au pied du rocher Saint-Michel du Ptty (1), pourrait faire croire encore que la bon/ne déesse, qu*Isis a été en vénération au Puy, dans le temps des Romains ; et en conséquence les amateurs de la haute antiquité se croiraient fondés à tirer des inductions profanes sur ce monument, et voudraient le regarder peut-être comme une statue à*Isis et A^Osiris, qu'on aurait métamorphosée en

(1) Ce prétendu temple de Diane est un baptistère roman du XI* ou du XU* siècle.

"219 LA SACmS IMAGE.

Tîerje, ce qui aa reste ne pourrait absolument faire aucun tort à la religion, parce que la bonne intention fait tout.

J'avouerai que j*ose penser différemment, et que je me décide sur ce que la tète, qui est maigre, eflilôe et a un nez prodigieusement long, n'a pas les caractères des figure égyptiennes, qui sont larges et épatées, ce qui s'observe constamment dans les statues en basalte, ou dans les boites de momies. Le bois de cèdre, à la vérité, dont la statue du Putj est faite, et surtout les toiles dont elle est recouverte, m'embarrassent un peu ; mais ne pourrait-on pas répondre qu'en effet celle-ci vient du Levant, et que les premiers chrétiens du mont Liban l'ont façonnée sur le modèle des statues égyptiennes qu'ils avaient sans cesse sous les yeux, et qu'elle a pu être apportée par Aimar de Monteil, évéque du Puy, un des plus célèbres croisés, et légat du pape Urbain II à la Terre -Sainte? Cette conjecture, dont aucun auteur n'a parlé (1), paraît d'autant plus vraisemblable que ce fut à peu près à cette époque que la première statue qu'on honorait au Puy , et dont on voit l'effigie sur la

(1) Inutile de dire que nous ne saurions partager l'opinion qui est ici émise et que combat l'examen que nous avons fait des sceaux de Noire-Dame à différentes époques.

LA sautte image. 219

médaille gothlciuc d'argent que j'ai fait graver, fut remplacée par celle qu'on y voit à présent. Au reste, si cette dernière idée ne satisfait pas, rien n'empêche qu'on ne recoure à la première.

PISRBS ISUOCI

Trowfie dons lei cendres de la statue de Noire-Dame du Puy, après

rauto-da-fé de ITOi

Explication (par Yiseonli)

c La table isiaque est im sanguin. Parmi les huit figm^es qui y sont tracées il y en a quatre qui peuvent également se rapporter à Horus ou à Harpocrate, savoir : 1» celle qui est au milieu sur un bateau ; 2° celle qui la suit à droite ; 3o la petite figure à gauche qui se tient auprès d'Isis ; 4o enfin le jeune garçon assis à gauche avec la corne d'abondance. — Comme cette divinité est un symbole du soleil, on pourrait dire que l'enfant auprès d'Isis est le soleil. — Enfant dans rhyver, sa naissance était célébrée les jours qui suivent le solstice d'hyver et précisément le 25 décembre ; celui qui s'assied sur une fleur sera le symbole du printemps ; l'été sera signifié par celui qui est dans le bateau, symbole du débordement du Nil qui a lieu dans cette saison ; enfin.

220 pritilAges temporels.

celui qui tient la corne qu'on suppose rempKe des fruits de la terre, peut représenter l'automne. — Les deux figures à genoux, à tête d'ibis et i'épcrvier, sont des génies inférieurs; la plus grande, assise, peut bien être Osiris. — Les caractères, quoique conservés, sont indéchiOrables; il y a des lettres grecques mêlées à des lettres hébraïques et à d'autres alphabets de l'Orient. Ce sont des inscriptions superstitieuses que les antiquaires appellent des inscriptions magiques. — L*art avec lequel est travaillée cette pierre et les caractères qu'on y voit des deux côtés font présumer qu'elle ne date que du in« siècle de l'ère chrétienne. »— A Paris, 1799. — Signé : Visconti.

pRrra£GES temporels

Quand les seîsmeure étrangers et les bourgeois des vîlU^s apiH^rtaiont en hommage à Notre-Dame tant do magnitiques oflfnindos. le$ grands vassaux de la couronne et les n>îs do Franco ne pouvaient se con- Ifnter dVnvoyor de beaux reliquaires, ou de laisser ,

PRmLÉGES TEMPORELS. 221

comme gage de leur bienvenue, ime bourse d'or sur l'autel. Au moyen-àge , chacun Youlait que la manifestation de sa piété fût mesurée à son pouvoir. Si le rictie marchand croyait qu'en donnant une petite part de sa marchandise il plaçait ainsi sous la IMTOtection divine tout ce qui lui restait , le maître du territoire, haut baron, comte, duc ou roi , avait la même croyance, et prélevait sur ses domaines héréditaires le tribut de la foi.

Indépendamment de cette cause toute religieuse, il y en avait d'autres encore, ainsi que nous le démontrerons en racontant l'histoire de la province, qui déterminèrent les rois à constituer ime puissance forte et populaire à côté de celle des seigneurs féodaux. Grâce aux évoques, ils surveillaient, ilsmaintenaient, ils dépossédaient au besoin ceux qu'ils considéraient comme les anciens usurpateurs des droits de leur couronne ; et l'on peut dire avec raison , que c'est l'autorité temporelle de l'Eglise qui a soutenu le combat séculaire contre le despotisme féodal. C'est elle qui a peu à peu rétabli l'unité monarchique et , reconnaissante de la protection des rois, puissamment contribué à replacer le sceptre français de Gharlemagne dans les mains victorieuses du fier Louis XIV. — Mais nous n'avons point ici à examiner la question à ce dernier point de vue. Qu'il nous suffise de rappeler que

??3 PRmLÉGES TEMPORELS.

déjà au déclin de la race mérovingienne l'oratoire angôliqne du mont Anis avait conquis une célébrité au loin n^pandue. Le pèlerinage de Cbarlemagne, lauthontiquo ex-voto, écrit de la main même de Thèodulphe sur son manuscrit , certifieraient au besoin ce que proclament cent autres témoignages. Sans discuter en ce moment, ni le titre contesté de l'institulion des chanoines pauvres par Gharlema^ne, ni la fabuleuse chronique sur les droits de Notre-Dame du Puy au comté de Bigorre, nous IHHi^ ons dire avec certitude que sous le grand em- IH'ivur Têirlise anicienne était une des plus riches de la chrétienté. Il résulte en effet d'une lettre du ivqv lîrépoire Ali, rapportée par Baronius , qu'on préleraît tous les ans , à cette époque , 1200 livres sur les èirlises d\Vi\-la-f.hapeUe, de St-Gilles et du Pu\ , pour le service de Saint-Pierre de Rome.

Eu 919, GuilIaume-le-Jeune, comte d'Auvergne et du Velav, abandonne à Notre-Dame et à son Siuioluaire tous ses droits sur le bourg d'Anis. Il (iiit cette concession pour le soulagement de l'âme de sou oncle Guillaume-le-Pieux, dont il a reçu i'hérîlajre. — L'évéque Adalard s'adresse à Raoul pour fîUiv ratitîer cet abandon, et le roi délivre des lettivs écrites à Chàlons en 923, dans lesqueUes il dépose une part de ses droits régaliens, c Nous

» voulons, dit-il, qu'il soit notoire pour tous les » fidèles de la sainte Eglise de Dieu et pour tous » nos sujets présents et futurs/ qu'Adalard, évêque

> d*Ânis ou du Puy, est venu supplier notre Gran-

> deur d'accorder à l'église qu'il gouverne, et en » vertu de notre autorité souveraine, les droits qui » nous sont réservés. — Nous avons acquiescé à sa » demande avec bienveillance et, conformément 1 aux usages des rois, nous lui avons fait délivrer » cet acte d'immunité ; Im concédant, à Imet à ses 1 successeurs, l'entier bourg adjacent à Véglise, et 1 tout ce qui jusqu'à présent a semblé dans ce lieu » relever du domaine du comte, à savoir : l'impôt • su/r le marché, les droits d'octroi, le pouvoir de

> batt/re monnaie, la juridiction sur tout le district, » comprenant la terre et les maisons du bourg. » — Nous concédons cette ordonnance (rendue » pour la paix de notre âme et du consentement » de Guillaume, notre fidèle comte, pour le soula-

> gement de l'âme de son oncle et de tous les siens) » à l'égUse de la bienheureuse Vierge, mère de » Dieu, et l'adressons à son évêque, afin qu'elle soit » désormais fermement et inviolablement gardée ; n de telle sorte que nul comte, nul juge public, » en un mot, nulle puissance séculière n'ose ja- » mais commettre la moindre exaction sur ce 1 territoire, ne puisse y prendre gîte, y lever des

SS4 pnmLËGES tchporels.

■ impôts, des tributs, des rederances quelconques, » sans la permission expresse du prélat qui occû-

> pera le siège épiscopal. Nous entendons que tous * nos pouvoirs soient remis entre les mains de k l'évèque, et que lut seul, suivant sa volonté.

> puisse en disposer (1) >

C'est cette libéralité qui servit de basa au pouvoir temporel des évoques du Piiy et qui fut la principale source de fortune de leur église. L'impôt sur le marché, les droits d'octroi, le pouvoir de battre monnaie (2), la juridiction sur les maisons et sur

(1) Charte donnée lu VI des IJes d'avril, indlcl. X, an 1, sous le rËgne du irës-glorieus roi Baoul, an 933. Fait dans la ville de (HilloDa.

Tilre, traduit par nous sur un ancien parcbemln que nom avons donné à la bib. htsi. du musée du Pu;, et que nous avons consigné en entier dans notre Histoire 4v, Telay on moyen-âge.

(1) le type des pins anciennes monnaies dont 11 est ici question représente : au droite une croix pattée à branches égales; en légende, le mot honeta ; au revers, la légende scE KAHif ; dans le champ, une sorte de chrisme dégénéré, La monnaie, dont nous donnons un spécimen emprunté au I Hémoire publié par H.

Aymard , dans les Annales du Congru tdent II, p. 570)., montre au droit

les terres des habitants, pouvaient ne pas être' très-considérables tant que le bourg resta circonscrit dans les murailles de Yopjnàum épiscopal ; mais quand les limites furent descendues au pied de la montagne et que les recensements municipaux portèrent à trente mille âmes le nombre des bourgeois et manants de la ville, quand des légions de pèlerins allaient et venaient sans cesse, quand les plus importants marchés du moyen-àge se tenaient au Puy-Notre-Dame, alors l'église devint opulente, et il lui fallut bâtir sa forteresse pour garder son trésor.

Les successeurs de Guillaume-Ie-Jeune ne se montrent pas moins généreux que leur ancêtre ; Alfred, Guillaume V et les autres comtes du Velay ajoutent de nouvelles possessions à celles déjà concédées. En envoyant le reliquaire de saint Acace , Lothaire confirme la charte de Raoul ; Louis VI suit

une croix pattée à branches égales; en légende, beatje M ARiJE ; au revers, le cbrisme devenu rosace à six pétales ; en légende, le mol podiensis. — La monnaie des évêques du Puy était connue sous le nom de sols et de deniers — solidi et denariûpodienses. — Il en est fait mention dans l'Histoire de la première croisade, par Raymond d'Aiguilhe. —On battit monnaie au Puy , mais l'bôtel fut supprimé en 1423. (Bist. de Languedoc, t. IV, p. 515.)

226 PRIVILÈGES tempoubls.

son exemple. Plusieurs princes du midi, les comtes de Toulouse (1), d'Armagnac, de Bigorre, ceux des marches d'Espagne font des hommages, souscrivent des donations ; et les Polignac, incessanmient tentés par un domaine qui grandit, qui prospère à côté de leurs propres domaines, après l'avoir envahi, sont les premiers à le défendre. Toujours usurpa-

(1) Au nom de la sainte et indivisible Trinité, moi Batmond PB Saint-Gilles, comte de Toulouse et de Rodez, pour le rachat de mes péchés et de ceux de mes parents, à raison de l'amour de saint Gilles que j'ai souvent outragé par mille offenses , afin que sa fête soit célébrée tous les ans dans l'église d'Anis et dans toutes celles qui en dépendent, et qu'en ce jour solennel tous les chanoines du Puy puissent faire un repas digne d'eux et d'une telle fête, afin que ma vie durant im cierge brûle nuit et jour pour moi devant la

vt^m^rable image de la Mère de Dieu Je donne les

villages de Ségrère et de Bruyère, terres qui m'appartiennent en franc-aleu Je donne également la terre de Tabra-

J;ir);ues et je les concède audit autel de la Mère de Dieu,

|Mur t^tri^ pi^ssiMés par elle aussi librement que je les pos- $<MAisi inoi-nuMue. sans aucune retenue, ni usufruit, etc.... \)uo $i quelqu^in voulait ravir ou troubler cette donation, je le maudis, de la nulédiction du Dieu puissant ; et qu'il ^'^ «louK^ p»s« il sera placé sous Tanathème de notre liM^^ur l<^ pap*^ Vr)ain« de toas les évéques, de tous les ^M^ ^ul iM\l ;M^ au ci>Qclle de Clermont

H> ^\n. f^tl ^t;miI rattM d^ la Xèr? de Dieo, je le corro- ^m 4mm U Till« ai^iiue. -- kIusI. ad. Anidens. EccL Spect'

teurs et tonjoiirs repentants, on les mît s'aimer contre le sanctoaire où lenrs finères et leurs cadets sont évêqoes et chanoines; Us prélèTent d^iniques péages sur les chemins, arradient soarent aux pèlerins épouTantés l'oflBnande destinée à Notre-Dame ; puis font amende lumorable . bâtissait des monastères, fondent des chapelles expiatoires, restituent leurs larcins, Tont mourir en héros dans les crmsades, en saints dans les cloîtres, et placent leur JEsuniUe et leur immense patrimoine sous la sauvegarde de l'église qu'ils spolient, qu'ils enrichissent tour-à-tour (1).

Non-seulement Louis MI ratifie les concessions royales de ses prédécesseurs, mais lui, qui est accouru les armes à la main pour combattre, vaincre et enchaîner les audacieux vicomtes qui ont organi-

(1) Qu'il soit connu de tous que moi Pons, vicomte db PoLiGNAC, dans la plénitude de mes facultés et de ma liberté, avoue m'ôtre engagé sous la foi du serment et avoir juré fidélité et hommage-lige à Bertrand, évêque du Puy, mon seigneur. J'ai reconnu aussi par serment que moi et mes successeurs devions remettre à lui et à ses successeurs notre cbâteau de Polignac et tous les autres qui sont en notre possession, chaque fois que nous en serions requis soit par lui, soit par un de ses mandataires. — (Fait au mois d'août 1213, dans le chapitre du Puy, en présence de tous les chanoines assemblés. }

•r^ înbusndes aatour de la :débre basilique, -^kc ^te nnout on sache la protenioa qa*ii accorde i.\ 'ri»?r?iia;i»fs du mont Anis.

:a -MMT p<iinr ianiitage ecc«? Ia Ubesté de l'éisc ^l'.îeuae. Le .1 le::r; qui êna.Tïère lc-:a le^ droits réga- ;a» .iiûrru^. iK'is mi'i'jus et ordonsic* par cet acte, X r Hfri 7enL< \ wi^i-nne. soit dins li âli. soit dans s airr> ie«.L\ i-er^jaiinl de l'aatorité de réTêqne d'Ani- .^iMi « ;« iun i'zi'.ie. «oit ni'raie si-r les limites des domaines ^ »i>::iv. ri R'â!rie i II Loire. d'IlAis à XonttMrison, de

>i^ii .t?-^! n P-y. i'exercer aucune violence on de faire ivuiîc -r*-^ i izipOt?. d'ôublir ancone coatome. d'exiger ^y.Mi •^:i^ i élever de nouvelles forteresses on de nontai.\ «lireiiT. Nins notre permission et celle de Tévèque

. u^crum. 1 >

•^ûif^pe-Augiisle augmente à son tour la puis- ^.,,1' io l e-^lise. Il a placé sur le siège épiscopal .^■. * . i;n Robert de Mehun , son parent dévoué , et ^■. i -.vrinis de s'emparer, quand et comme il t. w/ - •? • . dt^ châteaux qu'il lui désigne et qui apparî^.iitcr.c i dos seigneurs rebelles. L'énergique pré-

^•'Yarte écrite et signée publiquement au Puy, Tan de .,j^,.:-«*jjî:on du Seigneur 1146, de notre règne le X« ; étant ^*s**tt!>>AU palais, Raoul, comte de Vermandois, sénéchal; ^^^itf«Mf . intendant de la cave ; }fathieu, chambellan, et ^iii^^ii«« connétable.

^4M<tlineDt historique est consigné en entier dans notre moyen-âge.

lat tente la lutte , il y laisse la vie ; mais après lui ses successeurs arborent leur bannière triomphante sur les donjons de ces châteaux. — Saint Louis, plus libéral encore , contraint ceux qui résistent à venir rendre foi et hommage sur Tau tel vénéré. Le fier Montlaur ne garde qu*à ce prix trois de ses chAtellenies du Vivarais, et l'évoque Bernard de Montaigu obtient de la justice du roi , contre les intérêts, contre les officiers du roi lui-même, que durant les vacances du siège épiscopal les droits de régale soient limités conformément aux concessions et aux pratiques anciennes, et non comme cherchaient à le faire prévaloir les agents toujours zélés de la couronne.

Ainsi s'étendait la puissance de l'épiscopat vellavien , représentant énergique et fidèle de l'autorité de son égUse. — De saint Louis à Louis XI , chaque souverain qu'un pieux devoir amène au Puy confirme les libéraUtés de ses ancêtres et marque la trace de son passage par la concession de quelque faveur nouvelle. C'est Févêque qui devient comte du Velay , qui préside les Etats du pays, qui va prendre après le roi la première stalle dans le chœur des chanoines-comtes de Saint- Julien de Brioude ; c'est le chapitre; c'est l'université; c'est la ville ellemême qui sont toiu'-à-tour l'objet de continuelles

230 PB1TILÊG£S TEMPORELS.

miinificeDces. — Les titres des archives de Notre- Dame (bulles, arrêts, ordonnaDces, fondations, legs pieux, hommages) attendent dans la poussière et Fabandon que la postérité, dans un de ses curieux loisirs daigne les interroger ; et ces vieux parchemins se déploieront encore pour attester an dernier de nos enfants, ce que peut-être ils ne Tondraient pas croire, les préoccupations saintes et généreuses des papes, des rois, des gouyemeurs de la province, des barons de la contrée, pour cette ^lise aujourd'hui silencieuse , pour ce cloître en mine, pour cette université dont la voix est restée parmi nous sans écho.

Un privilège qu'il ne faut pas omettre de signaler ici , c'est celui accordé à toute personne venue en pèlerinage , de pouvoir faire un testament m extremis , avec Tassistance de deux témoins au lieu de sept qu'il eût été difficile , sinon impossible, à un étranger de se procurer (1). Cette exception à la loi et à la coutume, prouve combien ce pèlerinage était entré dans les mœurs et les habitudes religieuses. La justice l'imposait quelquefois en expiation. Ainsi , dans une affaire où les gens du seigneur d'Harcourt blessèrent le chambellan de Tancarville,

(1) Mcolas Boyer (décis. 28% n» 7).

trois des coupables furent condamnés à mort, et les autres reçurent Tordre d'aller, en compagnie de leur mattre , dans trois oratoires désignés. « Nous » voulons et ordonnons, dit l'arrêt du parlement » de Paris, à la date de 1296 , que la satisfaction de » Tamende soit que le seigneur d'Harcourt aille » en pèlerinage à Notre-Dame de Boulogne, à » Saint-Thibaut, à Notre-Dame du Puy, et qu*il s'y

> rende avec tous ceux de sa compagnie qui ont » blessé le chambellan , à l'exception des trois qui 3 mourront à la mi-carême , au plus tard (1). » — Le 4 septembre 1316, un acte solennel est passé entre Robert et les villes de Flandres, d'une part , et Philippe , régent du royaume de France, d'autre part, dans lequel on lit : « si le comte Robert le )► peut , il ira outre-mer avec celui qui sera roi de

> France quand celui-ci passera pour s'y rendre. » Il ira, ainsi que ses fils, dans un an ou dans

> deux (à moins que son père ou lui ne soient ma- » lades) , en une ou plusieurs fois , à Saint-Jac- » ques en Galice , à Notre-Dame de Rochemador , à » Notre-Dame de Vauvert , à Saint-Gilles en Pro- » vence et à Notre-Dame du Puy (2). » — Temps

(1) Arrêt du Pari, de Paris en 1296, reg. de la cour, fol.

(2) Biblioth. irapér. (Fonds de Harlay), in-folio, n« 205.

232 FUfiLiCBS mpouLi.

henreiix, où la pditique pbce aiec confiance ses traités sous Tégide de la foi, et où la justice inscrit la prière, le repentir et le pardon dans ses sentmces !... On croyait akMrs qœ le diâtiment n'était pas toujours la seule, surtout la plus sûre expiation des fautes , et qu'il était sourent plus utile de rendre rhomme meilleur en r^âiiérant son âme, qu'en exaspérant son e^rit et son cœur.

Les laits que nous aTims ra^Nirtés auraient été bien plus nombreux si nous n'aiions dû nous borner à faire un cboix dans ks cartnlaires; cependant ils suffisent pour apprécier l'importance temporelle de l'église du Puy du IX* au XYI« siède. Les droits, les prinléges dont cette ^ise fot gratifiée pendant un si grand nombre d'années , étendirent considérablement sa juridiction, accrurent ses richesses , et firent de ses éTéques les antagonistes redoutés des plus puissants barons et les protecteurs nécessaires de la contrée.

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