‹ Histoire du Velay (volume 3)Chapitre 42 sur 61 · auXVIII · texte numérisé non relu

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Dans cette longue dynastie de pontifes il n'en est pas un seul qui n'ait fièrement porté l'image de Notre-Dame sur son écu , sur sa bannière. Tous , à partir de l'apôtre appuyé sur un noueux bâton d'épine jusqu'au brave soldat armé du glaive , tous ont travaillé, tous ont combattu pour rendre leur église

236 LES ANCIENS £¥^0» MB BUESSUIH.

plus honorée et plus puissante. Les nueurs si différentes des temps qu'ils traYersèrent durent imposer sans doute des préoccupations bien diterses à leur esprit; les élections, libres ou contraintes, durent placer souvent la crosse dans la main d'hommes de paix , quelquefois aussi dans la main d'hommes d'action; mais toujours le même sentiment traditionnel et religieux ne cessa d'animer cette grande famille des évéques du Yelay : Fhonneur du sanctuaire de Notre-Dame et la gloire de sa par tronne.

Quand les apôtres quittaient les Tilles évangélisées , ils laissaient des évèques pour gouverner les églises qui avaient été fondées et pour en fonder de nouvelles à leur tour, h vous ai laissé en Crète, dit saint Paul à Tite , afin que vous acheviez ce qui reste à faire, et que vous établissiez des évéques de ville en ville, suivant que je vous ai or dorme. — Or, l'histoire nous enseigne que , conformément à ces divins préceptes , les premiers évéques des Gaules j déjà institués, en instituaient d'autres dans les contrées voisines des leurs. Il est donc permis de supposer que si saint Georges ne fut pas directement envoyé par saint Pierre , ainsi que le raconte la légende et que le soutient une école très-convaincue y il dut venir soit de Lyon , soit d'Auveif^ ,

us Ascnaes kiéocis dc mssini. ?37

après aYoir reço sa misâon dlrhiée , fAostiemoine ou de kors

Dans Forigine, ks érêqoes étaient éins par le clergé et par le peuple ; il n'était même permis de consacrer que ceox qui déjà aTaient sabi cette double épreuTe. Cependant, presque aussitôt que les souYenuns virent FEglise constituée, ils tentèrent d'encbalner son indépendance et d*en faire le docile instrument de leur pouvoir. Les T\lsigoths, hérétiques ariens , les Francks , païens à peine christianisés , ne voulaient reconnaître que les évèques choisis ou acceptés par eux (1). — Tel était Fétat des choses quelques années avant la translation du siège épiscopal de Ruessium à Anicîum, lorsque en 535 , sous le règne de Théodebert , un concile de quinze prélats tenu aux portes du Velay fait entendre ses protestations et ses plaintes. Les

(1) À mesure qoe les richesses de l'Eglise augmentaient , les rois barbares y prétendaient pour s'en faire un moyen de récompenser leurs serviteurs dévoués et pour s'enrichir eux-mêmes. — Quand ils nommaient directement, l'Eglise protestait, et jamais le fait ne passa en droit ; il fut toujours considéré comme un abus. Les conciles eux-mêmes ne pouvaient être convoqués sans l'aveu du prince sur le territoire duquel devait avoir lieu la réunion.

238 LES AEIGIBIIS ÊYÊQUBS DE RCESSmi.

Pères réunis dans la cathédrale d'Austremoine stigmatisent énergiquement les immixtions impies dans le choix des pasteurs ; ils exigent qu*un candidat à une chaire apostolique ne puisse être sacré s*il n*a été élu par le clergé et par le peuple ; ils flétrissent ceux qui recherchent la faveur des hommes puissants, qui sollicitent une part des biens de TEglise , patrimoine des pauvres ; ils excluent de la communion des fidèles les lâches qui s'allient à la race maudite , à ces juifs aveugles assez hardis pour se mêler aux chrétiens, assez téméraires pour oser aspirer aux magistratures publiques dans les cités (1).

Douleur stérile ! le bruit des armes, les cris de guerre ne laissaient plus entendre les voix si écoutées jadis, et la brutalité de la domination remplissait les âmes de peur et de servilité. Les ruines faites par les Vandales, les Suèves, les Burgondes et les Alains jonchaient depuis longtemps le sol; « ni les châteaux

(1) L'évéque de Ruessium n'assistait pas à ce synode, mais on ne peut douter que la situation ne fût semblable pour lui, puisque l'acte solennel est signé par Gai, évéque des Arvernes, Hilaire, évoque de (Javols) Gévaudan ;' Féfnance, évéque de Viviers, Dalmace , évéque de Rhodez; c'est-à-dire par ceux dont les diocèses entouraient le Velay de toutes

paru.

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