‹ Histoire du Velay (volume 4)Chapitre 115 sur 131 · PONT DE BRIVES · texte numérisé non relu

PONT DE BRIVES

le prouve, c'est le fragment antique recueilli dans les décombres. Ce fragment est un bloc en grès blanc d'un mètre de longueur sur 0, 50 de largeur, parfaitement taillé et sans aucun doute ayant servi à garnir le milieu d'un parapet. Sur la face principale, on lit cette inscription gravée en lettres d'inégales grandeurs :

jovl opT

Jovi OPTIMO. — Dédicace qui avait évidemment pour but de placer ce passage sous la protection du plus puissant des dieux. Nous verrons bientôt qu'une voie romaine longeait la Loire dans cette partie du vallon, et que très-probablement elle la traversait à Brives. M. de La Lande fait observer avec raison que tous les matériaux employés dans le Vclay, pour la construction des monuments antiques, avaient été extraits des carrières de Blavozy, situées près de Brives, et qu'un pont était indispensable pour arriver à ces carrières, soit de Ruessium, soit du territoire d'Anicium.

Dans les terres de Corsac, qui se trouvent entre Brives et la montagne d'Anis, près de l'ancienne

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maladrerie de Saint-Lazare, sur les dépendances du vieux château de Villeneuve que les seigneurs de Polignac cédèrent aux Chartreux pour construire un monastère, on a dernièrement découvert un ciMETiÈRR PAR INCINÉRATION d'uu grand intérêt (1). M. Vinay, propriétaire des champs explorés, a déjà recueilli un certain nombre de médailles de Marc- Aurèle, d'Antonin, de la colonie de Nisme, etc. , et plus de six cents fragments pouvant constituer deux cents vases, au moins. Ce sont : !<> des poteries fines dites de Samos , dont quelques-unes , encore recouvertes de leur vernis primitif, portent les

(1) Quand une personne allait expirer, son plus proche parent s'approchait d'elle et cherchait à recueillir le dernier soupir avec sa bouche. — Après la mort on fermait les yeux du défunt, des esclaves lavaient et parfumaient le corps, le recouvraient de sa plus belle robe, rétendaient sur un lit funèbre placé dans le vestibule de la maison, les pieds hors de la couche pour indiquer qu'il était à son dernier départ, puis ils lui plaçaient dans la bouche un triens ou obole pour payer le passage de l'Achéron. — Le jour des funéraiUes, le défunt était porté au bûcher par ses parents, ses affranchis ou des mercenaires. Le corps était placé sur le bûcher, et avec lui les objets qui lui étaient le plus familiers ; puis quand le feu était éteint, on répandait du vin sur les charbons, on recueillait les os et les cendres, on les enfermait dans un vase qu'on déposait dans un tombeau ou simplement dans la terre. (Voir Batissier, Art monument., p. 303.)

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noms (1) ou les anagrammes des fabricants; 2^ des poteries blanchâtres, assez semblables à de la terre de pipe ; 3» des poteries noires, comme on devait en employer pour les usages les plus vulgaires; 4» enfin des fragments rouges provenant de briques à rebords, d'amphores et d'urnes cinéraires (2). -^ Tous ces fragments ont été exhumés de tranchées plus ou moins profondes, et étaient enfouis pèle* mêle avec d'autres débris carbonisés ou mêlés à des cendres.

Plusieurs sépultures ont fixé plus particulièrement l'attention, parce qu'elles étaient mieux con* servées et qu'elles pouvaient fournir quelques rensei-

(1) On distingue encore sur plusieurs morceaux des lettres et des parties de mots, (...avis ...avi ...vs fe ...io fh ...aira.J

Il a été découvert, à diverses époques, des fours à potiers très-bien conservés : on peut citer ceux de Saint-Dizier, en Champagne , ceux de Lezoux, près de Glermont, en Auvergne, et ceux de Toulon, dans le Bourbonnais.

(3) L'usage de déposer des urnes dans les tombeaux est commun aux peuples les plus divers par les mœurs et par le dimat, et on en constate l'existence dans les deux Amériques,

au Mexique, au Pérou Ce fut Tincinération qui amena

partout l'usage de l'urne funèbre. (Voir, à ce sujet, une publication pleine d'intérêt, intitulée: L'art céraiiiqub st bsrnàrd palisst, par Emile Enjubault, conseillera la cour impériale de Riom.)

gimumb utiles, — Uonr . ë êpo ^^ soos un lit de gmier, analifait avoir ciê woÊgmoBoatMÈt aifelo|h pée de hnqvs^ coomie pour h laut^m ocmtre les a io u lgine n ls du soL Ctêtût «ne orne en poterie saflûame d'un trèsHridie dessin, msitmant oïlre ses parois brisées des cendres, des puceUes de char-

bon de bois et on os d'animal carnassier; — une antre, plus modeste, consistait en nn ^aae grossier anqnd adhéraient enowe des cendres et des osa demi-consnmés; — une trasiènie renfermait on fragment de bois de cerf andonUkr; — mie qoatrième, des débris de Terre coloré en Uen et fimdn par les flammes; — une cinquième, une urne ea terre blanche, une dent de sanglier et une médaille de la colonie de Nisme ; — une sixième, la moitié d*nne médaille semblable, éTidemmmt coupée avec intention (1).

A l'aspect si démonstratif de tous ces restes, il est impossible de douter un instant qu'il n'y ait eu là un de ces cimetières gallo-romains dans lesquels

(1) Noiis aTOQS paisé tous ces détails dans nn intéressant mémoire rédigé par M. Sarlandie des Rieux, et adressé par Ini à la Société académique da Puy, en qualité de secrétaire d'une commission ctiargée de visiter les fouilles faites par M. Yinay dans sa propriété de Gorsac

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les corps étaient transportés pour être brûlés sur des bûchers, et où les cendres des morts, religieusement recueillies par la famille, étaient ensuite enfermées dans des urnes avec quelques-uns des objets caractéristiques qui furent chers aux défunts , avec ces simples ustensiles du foyer domestique rappelant la vigilante mère de famille, avec ces vases de verre appelés lacrymatoires, parce qu'ils contenaient les larmes des parents et des amis éplorés , avec ces cornes de cerf, ces dents de sangUer, ces fers de lance, d'épée, de javelot, ces arcs brisés, derniers témoins des ardeurs de la guerre ou de la chasse (1) ; enfin, avec ces pièces de monnaie destinées à payer au nautonnier funèbre le prix du dernier voyage.

(1) « si je meurs, souviens-toi, mon fils, de placer cette « épée, cet arc et le bois de mon cerf dans l'étroite et som- » bre demeure que marque une pierre grisâtre. »

Poésies d'OssiAN . IV« livre.

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