‹ Histoire du Velay (volume 4)Chapitre 116 sur 131 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

MÂRTIS AQUiE ÂUT MARGINIS AQUiG

CVollée de la Loire)

Margeaix, au nord-est, à trois lieues du Puy, est situé sur la rive droite et aux bords de la Loire. Nous pouvons donner de ce nom deux étymologies également acceptables. Soit que nous adoptions celle de Martis-Aqu^e, soit que nous préférions celle de Marginis-Aqu^ ; Tune et l'autre peuvent également se justifier. La première exprime la nature des sources thermales qui se trouvent en cet endroit (1) ; la seconde, plus conforme à l'orthographe

(1) Mars est ici employé pour fer, acier, remèdes martiaux (martisaquœ, eaux martiales). ~ Les eaux de Margeaix,

ANTIÛLITÉS DE MARGEAIX. 381

du nom moderne, définît la situation des lieux \\), Nous laissons au lecteur le soin de choisir.

Une tête de naïade incrustée dans un vieux mur du village détermina, en 1821, quelques fouilles qui, malheureusement, furent trop superficielles et ne produisirent rien. Plus tard, une petite figure de génie (2) trouvée dans la même localité ayant aussitôt captivé l'attention par d'excellentes qualités, on se mit de nouveau à explorer ce territoire avec soin et on trouva, à une profondeur de cinq pieds, une aire taillée dans le roc, d'environ 15 mètres de longueur sur 5 de largeur, au-dessus de laquelle reposait une grande quantité de cubes en verre et en marbre. Evidemment il y avait eu là une mosaïque précieuse. — On découvrit, en outre,

les plus riches de la Haute-Loire en principes nriinéraux fixes, contiennent, par pinte, 42 grains 1/8, dont 34 de souscarbonate de soude, 4 d'hydrochlorate de magnésie, 3 1/8 de sous-carbonate de magnésie, 1 5/8 de sulfate de chaux, 3/8 d'oxide de fer. La quantité de gaz acide carbonique libre peut être évaluée à 1/12 du volume.de l'eau.

(1) Marginis aquœ (eaux sur le bord du fleuve).

(2) Tous ces fragments sont au musée du Puy. —.On voit, dit M. de Becdelièvre, au pied de Tautel du Cupidon assis, un bâvre-sac tout à-fait pareil à celui que porte Fun des chasfleurs du grand bas- relief de la chasse aux cerfs trouvé à Bspaly.

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des morceaux de marbre, des débris de vases en verre marin et en terres plus ou moins jSnes (i), des ossements d'hommes et d'animaux, des défenses de sangliers, des cornes de cerfs, des fragments d'architecture, une seconde tète de naïade à peu près semblable à l'autre, une petite massue en bronze, une portion de labrum^ un dauphin entier et la tête d'un autre ; la tête, le torse, deux bras, deux jambes et une cuisse d'un second génie ; enfin une troisième figure de génie ou de Gupidon dans l'attitude et avec les attributs d'un pêcheur à l'épervier (2).

(1) Sur ranse d'une amphore en terre grise, le potier avait imprimé cette marque : l. q. s. — Sur le couvercle d'un vase noir on lisait, dans un cartouche creux: dm, et dans un autre cartouche : sns. — Nous avons déjà fait connaître les empreintes constatées sur les fragments de poteries trouvés à Corsac ; nous ajouterons ici celles qui ont été relevées par M. Ayniard sur d'autres débris de vases samiens provenant de Raessium, Les voici : acv....si.— ofingbnvi. — pvdini.

—■ RIOCB. — RVTAEN. — SEXDOMITI.— - VEIVSOIOP. Ce SOnt là

les différents sceaux des fabricants. M. BouiUet en avait déjà recueilli un grand nombre dans sa Statistique momi^mentale du département du Puy-de-Dôme, publiée en 1846. Depuis, il en a donné une nomenclature plus considérable encore dans un rapport adressé au Congrès scientifique de France , tenu au Puy en 1855 (22" session, tome I, p. 702.)

(2) Voir le mémoire sur les Antiquités de Margeaix, publié

ANTIQUITÉS DE BfARGEÂIX. 383

Si Ton rapproche rensemblc de ces découvertes de cette circonstance que près du lieu où ces débris antiques ont été trouvés surgit une fontaine, et plus bas une source d'eaux thermales , on aura une explication satisfaisante des différents objets que nous venons d'indiquer (1), — Des tuyaux de plomb, des trous pratiqués dans la gueule des dauphins , des débris de baignoires indiquent assez que des fontaines jaillissantes ornaient l'édifice ou du moins la résidence de Margeaix. La seule incertitude qu'on ne puisse dissiper est de savoir si l'abondance et la vertu de ces eaux parurent alors suffisantes pour déterminer les Gallo-Romains de la Vellavie à leur consacrer un établissement public , ou si les fragments que nous admirons aujourd'hui ne sont pas les vestiges d'une de ces délicieuses campagnes dont parle Sidonius Apollinaris. .Quoi qu'il en soit, il est hors de doute qu'il y eut jadis sur ces bords riants de la Loire un édifice quelconque orné d'excellentes œuvres d'art. « On s'est d'abord de- » mandé, dit M. le vicomte de Becdelièvre, si ces j> trois petites figures sont des génies ou des cupi-

par H. de Becdelièvre (Annales de la Société d'agriculture du Puy, aimées 1835-36, p. 38.)

(1) Nous avons donné, dans notre volume de l'Ancien Velay^ une gravure des antiquités de Margeaix.

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» dons; je penclie pour ces derniers. Celui qui est » dans la position d'un pêcheur à la ligne est assis

> sur un autel ; il est évident que c'est l'attribut de » sa divinité. Les deux autres lui ressemblent trop » par la figure, pour n'être pis de la même famille ;

> ils sont couronnés de fleurs, d'épis et de fruits. Si » la quatrième figure, dont nous avons (juelques » légers fragments, avait aussi sa couronne de gla- » çons, il y aurait eu là des cupidons pour toutes les » snisons (1). »

(1) Mémoire de M. de Becdelièvre, âéjh cité.

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