CHAPITRE PREMIER
L'ANCIEN VKLAY
Lorsque je résolus d'écrire ce livre , je ne consultai point mes forces; je cédai, sans réQéchir, aune irrésistible impulsion. J'aimais de l'amour d'un fils ces montagnes où je suis né , et je me laissais doucement aller à la pensée que d'autres, après m'avoir lu , les aimeraient aussi. J'avais , depuis mon enfance, entendu raconter nos pieuses légendes; bien souvent j'avais tourné les feuillets jaunis des
maniigcrits de nos archives , et je pensais que ce devait être une grande joie de révéler à son pays les dramatiques et touchants épisodes de son histoire. Combien j'eusse été heureux de reporter dans la langue d'aujourd'hui les fraîches couleurs du vieux langage de Capdueil, de Cardinal et de Médicis? Mais le style des chroniqueurs est , comme les peintures qui décorent les anciens livres d'heures des châtelaines, d'une grâce inimitable. C'est pourquoi, je l'avoue , la crainte seule de ne pas rendre à ces récits de chevaliers , de moines et de troubadours leur originalité naïve , arrêtait , arrêterait peut-être encore mon impatient désir, si un sentiment plus énergique et plus noble que celui d'une vaine satisfaction d'amour-propre ne m'avait entraîné. Mon dévouement devait me tenir lieu d'excuse ; je ne vis qu'un hommage de plus à la gloire du sol natale et je pris la plume.
Entre les plaines fertiles de la Basse-Ârvernie et les chaudes provinces des Helviens et des Volces , sous un ciel dont on vante la beauté, s'élève brusquement un groupe considérable de froides et rudes montagnes. — C'est là qu'était la Vellavie. — Honnis quelques langues de terre que fécondent les cendres descendues des volcans, à l'exception de