LES DRUIDES
d'une existoice indépendante; chacun se fait, suiysDi sa force et ses besoins, des lois et des croyances. C'est l'époque des invasions , aussi bien sur le territoire que dans les esprits. Les druides et les grands chefis perdent leur empire , tous les dieux ont des autels, parce que toutes les passions, tous les intérêts sont devaius les seuls maîtres souverains des hommes.
Au temps où le gouvernement théocratique était dans toute sa puissance , les druides (1) étaient à la fois juges, rémunérateurs et vengeurs des actions humaines. Non-seulement ils commandaient en ce monde , mais ils étendaient leur empire par-delà le seuil de la vie. Ces prêtres austères, disent nos historiens, vivaient dans une retraite profonde. Seuls ils se livraient aux études de théologie , de morale et de législation. Ils cultivaient les sciences abstraites, faisaient de sérieuses recherches sur la médecine , la physique , l'astronomie , et proclamaient dans leurs enseignements la grandeur infinie de Dieu, l'immortalité de l'âme, la vie future. Aristote
(1) Les druides ou hommes de chênes {druides, druidai , drysidœ , derwydd , derwyddon , en langue kimrique) , devaient ce nom àla vie solitaire qu'ils menaient dans de vieilles forêts consacrées au culte, et qui étaient de préférence des forêts de cbêne. Clàm in abditis saltibiis. — Mel. I. m, chap. 2.
110 LES ECBÂGES ET LES BARMB.
avait écrit qu'ils apprenaient ani[ peuples, d*ane manière mystérieose , à ne point faire de mal et à déployer un grand courage ; Pline les appela les mages des Gaulois; c mages, dit-il, qui pouTaioit bien » passer pour les maîtres de ceux de l'Oriait. » — Les cubages (1), interprètes des druides auprès du peuple , étaient chargés de la partie extérieure et matérielle du culte , ainsi que de la célébration des sacrifices. Ils étudiaient particulièrement ce qui, dans les sciences naturelles , médicales et astronomiques , était utile à leurs fonctions. Us devaient savoir immoler une victime avec habileté, lire, dans ses convulsions, dans ses entrailles palpitantes, dans son sang répandu , les bons ou sinistres présages. Ils interrogeaient aussi le vol, le chant des oiseaux, et, sous les inspimtions de leurs chefis, pratiquaient l'art de la divination. — Dépositaires des vieilles chroniques de la Gaule , les bardes (2) apprenaient par cœur -et récitaient ensuite à la foule, sous forme de poèmes, ce qu'il fallait qu'elle sût de son histoire. Gomme les lois druidiques proscrivaient de la façon
(2) Ovates , vates, cubages, eubates, — Ouateis. Strab., I. IV, p. 197. Eubates, Amm. Marcell., l. iv, chap. 9.— Dans les traditions galloises, Ovydd., Archœolog. ofwal. passlm.
(1) Bardoi uhnetai kai poiêtai. Strab., 1. iv, p. 197.— Diod. Sic, l. y, p. 308. — Possidon. ap. Athen., lib. iv, cbap. 13.—. Lucan., Fhars,, 1. i, v. 449.