UN CHEF GAULOIS
le berceau de la noblesse, elle resta son partage. La puissance des chevaliers se mesurait au nombre des clients attachés à leur personne. Quelques-una en avaient plus de dix mille à leur suite ; aussi la réputation de ces clwfs de soldure s'étendait-elle quelquefois si loin^ que non-seulement des cités voisines mais même des nations étrangères leur envoyaient des députés et de riches présents, pour briguer leur alliance. On en vit dans les armées d'Ânnibal , de Persée, d'Antiochus (1).
Si l'on veut avoir , d'après Diodore , Pline et Varron, l'image d'un chef arveme, éduenou biturige, au deuxième siècle avant notre ère , qu'on se représente un homme d'une haute stature, à Faîr franc et martial, impatient de courir au combat, jaloux de rencontrer quelque grand péril sur sa route pour le surmonter avec audace en présence de ses soldats émerveillés. Il est coiffé d'un casque en métal que décorent des tètes d'animaux fantastiques, des cornes d'élan, de buffle ou de cerf, et sur lequel se balance un panache gigantesque. Gel
mero atque honore, gênera sunt duo.,, alterum est druiduni, altervm equitum. — César, Bell. gall. , 1. vi , ch. 13-15.
(1) Serpette de Marincoiirt. — Histoire de la Gaule , l. iil, p. 366.
GOSniMB DE GUERRE d'UN CHEF GAULOIS. 121
homme, dont la poitrine est large et puissante, porte une lourde cuirasse à la manière grecque ou romaine, une cotte à mailles de fer d'invention gauloise, un vaste bouclier peint de couleurs éclatantes et , connue le casque , orné de tètes d'animaux féroces. Un sabre énorme pend sur sa cuisse droite à des chaînes ou à un baudrier couvert d'or, d'argent et de corail. Son cou, ses bras et ses mains sont chargés de colliei's, de bracelets, d'anneaux précieux ; en un mot, il a réservé pour le jour des batailles ses plus riches parures^ et veut se montrer à l'ennemi dans toute sa force et sa beauté (1).
Le gais , le matras , la cateie , la flèche , la fronde, le long sabre sans pointe à un seul tranchant , la pique , dont le fer, long de plus d'une coudée^et large de deux palmes, se recourbait vers sa base en forme de croissant , telles étaient les armes à l'usage des Gaulois. La dernière surtout était terrible , et les historiens assurent qu'elle hachait et lacérait si cruellement les chairs que son atteinte était mortelle. — On a trouvé dans le Yelay une assez grande quantité
(1) Diod. Sic, 1. v^ p. 307.— SttWndweruni Galli è ferro..., exannulis ferream tunicam, — Varro, De lingua kttina, 1. IV, col. iO.-~Galliœ in medio digito armulis dicuntur usœ. — Plin., 1. XXXII, ch. 2. et xxxiii, ch. i. — Amédée Thierry, Histoire de9 GcMUm, part, ii, cbap. 1, p. 47.