ARMES GAULOISES TROUVÉES DANS LE VELAY
d'armes gauloises, principalement des pointes ou lames de flèches, de haches et de couteaux. La plupart sont en pierres dures; et quoiqu'il s'en rencontre quelques-unes en bronze, celles-ci paraissent beaucoup plus rares, probablement à cause de la valeur intrinsèque de la matière. Ces instruments sont aujourd'hui trop multipliés, et leur forme trop connue , pour qu'il soit important d'en donner une minutieuse analyse. Le plus vulgaire affecte la figure d'un coin terminé en pointe arrondie d'un côté , puis allant en s'aplatissant et en s'élargissant en éventail à l'autre bout. Ses dimensions varient suivant les usages auxquels il était destiné , usages qui, du reste, ne nous sont pas tous parfaitement révélés. — Le musée du Puy possède, dans sa riche collection d'objets antiques, quelques types remarquables de ces armes primitives, assez semblables à celles des sauvages des îles de la mer du Sud.
Le système électif servit de base au gouvernement démocratique. Ce fut d'abord, comme dans toutes les réactions, un grand mouvement au profit des idées régénératrices. L'élection remplaça le privilège de l'hérédité , des magistrats librement choisis furent mis à la place des chefs absolus qui dominaient les villes et les cités. Pour ne rechercher que ce qui se passa autour de nous, nous trouvons en Auvergne, 120 ans avant Jésus-Christ, une monarchie
FOUIES DU GOUfERIfEMBNT. 123
héréditaire oi^nisée, et 60 ans plus tard, nous Yoyons le peuple condamnant au dernier supplice on noble qui avait tenté de rétablir la royauté. — Le principe d'association prévalut bientôt ; il était difficile, en effet, que toutes les populations des Gaules vécussent indépendantes les unes des autres. Toutefois, ce principe ne put se conserver longtemps dans son libéralisme. Les faibles ont toujours besoin de secours, pour se garantir de Toppression des forts ; et le protecteur trop puissant est bientôt entraîné vers la tyrannie : c'est ce qui arriva.
Déjà« au temps de la conquête , le plebs n'avait ^re que le rang d'esclave, ne faisait rien par luimême et n'était admis à aucun conseil. < La plupart, » accablés de dettes^ écrasés d'impôts ou en butte
> aux violences des grands, dit César, se mettent au f service des nobles qui exercent sur eux les mêmes
> droits que les maîtres sur les esclaves Cha-
» que ville , chaque bourg, chaque canton , et pres- » que chaque famille se divise en factions. A la
> tête de ces factions, sont les citoyens qui jouissent » du plus grand crédit et au jugement desquels sont
> soumises presque toutes les afTaires. La raison de » cet antique usage pouvait être de proléger le peu- » pie contre les grands. Aucun chef ne souffre qu'on
> opprime ou que l'on tourmente ses clients ; s'il » agissait autrement son crédit serait bientôt per-
124 LES VÉLAUNES CLIENTS DES ARTERNES.
» du (1).»— Ily avait cependant une importante distinction à flaire entre les clientelles rurales et les cHetptelles v/rbomes. Les premières unissaient le client au chef de la tribu par un lien indissoluble. Le pa* tron léguait avec son domaine les hommes qui en dépendaient, et cette dépendance était héréditaire. Le paysan naissait, vivait, mourait attaché à la glèbe, pour nous servir d'un mot employé à une autre époque. Les secondes, au contraire, étaient individuelles, n'engageaient aucunement le reste de la famille , ne se transmettaient point par voie d'hérédité. C'était un contrat de servitude volontaire entre un citoyen puissant et un homme pauvre ; contrat qui s'éteignait par la mort de l'une des parties , et était uniquement basé sur leur intérêt réciproque. « De même, dit M. Thierry, que des individus » clients se groupaient autour d'un patron, de petits » états se déclaraient clients d'un état plus puissant » et s'engageaient sous son patronage. Les états » également puissants s'alliaient ensuite et se fédé- » raient entr'eux. » — Pour se préserver des aggressions du dehors, les Ruthènes, les Helviens, les Cabales et les Vélav/nes s'étaient placés sous le protectorat des Arvemeset étaient devenus leurs clients. Ce fut incontestablement un patronage plus ou
(1) César, De bello gallico, lib. vi, cbap. 11.
NAIN STMBOLiaUB POUR USS TÉLAUMES. 125
moins librement accepté auquel ils durent se soumettre ; mais en aliénant une partie de leur liberté, ils assurèrent ainsi, au moins momentanément, la conservation de Fautre. Il est facile de se faire une idée des engagements qui devaient unir ces quatre cités à la puissante Arvemie. D*un côté , un tribut en honunes et en argent (1) , une obéissance aveugle , complète aux lois du protecteur ; de l'autre , en échange , Tappui d'un peuple fort et redouté. Telle est la base commune de tous les contrats de cette nature. Cependant, la manière dont ce contrat national était scellé ne nous a pas été transmise par les historiens. Montfaucon pense avoir découvert Ja solution de ce problème historique , la voici :
n y a plusieurs siècles qu'on trouva un petit monument en bronze d'une admirable perfection , le même qui est aujourd'hui déposé dans la précieuse collection de la bibUothèque impériale à Paris. C'est
(1) Quoique, dans la distinction qu'il cherche à établir entre les peuples sujets et les peuples clients, M. Thierry ne parle pas pour ceux-ci de tribut en hommes ou en argent, il n'est pas moins vrai qu'ils y étaient soumis. En effet, César, rappelant la levée de boucliers résolue pour aller au secours d'Alise, dit: Parem numerumArvemis, adjunctis Eleùctenteiis, Cadurcis, Gabalis, Velatmis, qui sub imperio Arvernorum esse consuerunt, -— César, De bello gallieOf lib. vu, chap. 75.
126 MAIK SYMBOLIQUE POUR LES VÊLAURES.
une main droite ouverte, dont deux doigts, le médius eiYannuMre, manquent entièrement. II est évident qu'elle ne provient pas d'une statue, puisqu'elle a été fondue d'un seul jet, etquenon-seulemenliln'y a point de cassure au poignet, mais qu'elle est hermétiquement fermée en cet endroit. D'ailleurs sa destination primitive est suffisamment indiquée par l'inscription grecque gravée dans la paume.
Montfaucon, dans son savant ouvrage sur les ariUquités expliquées , parle de cette main symbolique et la considère comme un gage d'alliance envoyé par les peuples d'Auvergne à ceux du Velayi Le comte de Caylus, qui a eu ce bronze en sa possession et en a donné une gravure assez exacte , n'hésite pas non plus à regarder cette main comme un symbole d'amitié entre deux peuples. Son opinion est en cela conforme à celle de tous les antiquaires qui ont eu à se prononcer ; il varie seulement avec eux sur le seul point de savoir quels étaient ces Yélaunes
lIABf STMBOLiOUE POUR LES VBLAUNE8<. 127
dont il s'agit dans l'inscription. Ce nom appartient ^a. efiet à doux peuples différents. Les uns , fixés au pied des Alpes (1)^ les autres, au pied des Gévennes. Yelaumesi le nom des premiers , Vellam et Velawni indistinctement , celui des seconds ; cependant , ce n'est jamais que de ce dernier dont se servent César
(1) L'opinion du savant comte de Gaylus, qui attribue la main symbolique aux Vblauni de la province romaine, n'est pas, quoi qu*en dise Montfaucon, sans quelque vraisemblance ; et ce n'est pas parce que le peuple dont nous écrivons l'histoire avait plus d'importance que l'autre, qu'il faut nécessairemeni lui faire bommage de ce précieux monument de l'antiquité celtique. En effet: nous savons que les Massaliotes avaient sur les bords de la Méditerranée un assez grand nombre de comptoirs. Or, un peu avant dans les terres et très-près de Nicea, de Portus Monœci, & Antipolis, et d'ithenapoUSf situés sur le Ligwricus sinus ^ vivaient les Vblauni , les Esubiani, les Nerusi, les Deceates, les Oxibii, etc., etc., peuples qui évidemment devaient, par leur proximité môme, avoir de fréquents, de journaliers rapports avec les Grecs dont ils étaient voisins. — Il est encore question dans Pline de ces mômes Velauni, à propos de l'inscription gravée sur l'arc de triomphe érigé entre le grand et le petit Saint-Bernard, et qui est ainsi conçue :
Imp. Cœsari. divû Aug. Pontifici. Maximo. imp. XIIII tribunitiœ. potestalis, IVIII. S. P. Q. R, Quod. ejus, ductu. ouspiciisque. gentes» Alpinœ. Omnes.Quœ. A. mari, swpero, ad. vn,feTum. pertinebani. sub. imperium, populi, romani, sttnt. reductœ,gentes. Alpinœ. devietœ. Triumpilini, Gamusi. r EsuBiANi. . . . Nerusi. . . . Velauni. . . .