INFLUENCES GRECQUE ET ROMAINE
Vosges, les monts Ëduens , la Loire, la Vienne et une ligne qui delà venait rejoindre la Garonne, en tournant le plateau de l'Arvemie. Les races kimriques occupaient, en s'avançant dans le nord, tout le reste des Gaules.
Les Arvemes , les Séquanes et les Edu£s étaient , dans le pays gallique , les trois peuples qui se disputaient la suprématie. Les autres peuplades, ainsi que le fait observer très-judicieusement M. Thierry, groupées autour d'eux pour la plupart, soit par la conquête , soit par les liens de la clientelle fédérative, formaient sous leur patronage trois puissantes ligues rivales, presque constamment armées les unes contre les autres. — Quoi qu'il en soit, et sans même nommer ici les populations dont César résume et termine l'histoire, nous rappellerons sommairement la situation topographique des régions ou tribus cUentes de l'Arvernie. Si nous voulons , en effet, rechercher plus tard l'origine d'un monument d'inspiration grecque ou romaine et dont quelques vestiges restent encore; s'il nous paraît utile, pour l'inteUigence de l'histoire, pour l'appréciation d'une œuvre d'art, de remonter à la pensée originelle , il faudra bien préalablement connaître quels souffles bienfaisants ou fatals ont passé sur les mœurs, sur les croyances, sur les travaux de nos pères. Deux questions seraient donc , sinon à résoudre , du
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moins à indiquer. La première, relative à rinfluence des Grecs depuis leur arrivée sur les rivages de la Gaule méridionale, six cents ans avant notre ère; la seconde, ayant seulement pour point de départ l'époque de l'établissement de la province romaine, cent ans avant la conquête^ relative aux modifications que cette nouvelle famille dut exercer sur la dvilisatioh de nos pays.
Nous Favons dit, les Rutliènes, les Helviens, les Gabales et les Vélcnmes (1) étaient clients des Arvemes. Ces deux derniers peuples surtout , établis sur le versant septentrional des Gévennes, par conséquent protégés contre les AUobroges et les
(1) Les peuples situés entre la Garonne et la Loire, et qu'on a réunis à l'Aquitaine, sont les Helvii, qui commencent au Rhône. Après eux, sont les Velaï, qui autrefois faisaient parUe des Arvemi; mais qui aujourd'hui forment un peuple séparé. — Strabon, 111). iv, cbap. 2.
L'orthographe Veldi, dit le traducteur de Strabon, M. Coray ^ Paris, imprimerie impériale, 1809), m'a paru la plus approchante de notre manuscrit, qui porte O'Vbllaoi. au lieu de O'VbllaIoi des imprimés. -— Pline nomme ces peuples YelkUes, Ptolémée Velaum, nom qu'on trouve aussi dans César, avec la variante Velavi. Quant à la position que leur donne Ptolémée, en les plaçant à la suite des Auscii au lieu des Ar verni, il est probable que c'est une erreur de ses copistes qui, au lieu de €' po pus Arooernous, auront écrit
U' PO pus A'USKIOUS.
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Volces par cette immense barrière, ne pouvaient s'abriter sous un meilleur patronage. Néanmoins cette alliance, que les dispositions topographiques rendaient indispensable dans les luttes intestines, et qui avait principalement pour but la défense du territoire , n'empêchait pas pendant la paix le commerce avec les autres peuples. On conçoit que les Gabales et les Yélaunes , placés sur la frontière du pays des Ligures, devaient, par leur position même, chercher à entretenir d'utiles relations avec les contrées trans-cévéniques. — Plus nous remonterons aux époques les moins civilisées, plus les moyens de communication seront rares et difficiles à travers les Gaules ; plus les habitants de nos montagnes devront servir d'intermédiaires obligés pour tous les échanges industriels entre les populations de l'Arvemie et les comptoirs grecs fondés dans les provinces liguriennes . Cela semble au moins d'autant plus probable que nous verrons , durant tout le moyen-âge, les foires et les marchés de la cité d'Anis fréquentés par les Dauphinois , les Provençaux, les Languedociens, les Espagnols, d'une part ; de l'autre , par les marchands du Limousin, du Poitou, du Bourbonnais, de l'Auvergne et du Forez. On eût dit que les murs vénérés de la miraculeuse basilique de Notre-Dame étaient la Umite sacrée au pied de laquelle venaient se joindre
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sans pouvoir la dépasser^ les méridionaux et les populations de la Gaule centrale. Cette coutume, transmise de génération en génération sous la sauvegarde de rintérêt local et de la piété des fidèles, était si invétérée qu'elle persista jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, et qu'à une époque même plus récente, les principales maisons de commerce du Puy, en rapport avec Aix et Marseille, faisaient la commission des produits méridionaux, non-seulement pour le Yelay, mais pour une partie considérable des provinces voisines. Cependant les choses ont dû changer, depuis que les transports s'effectuent au moyen de grandes et fortes voitures au lieu de se continuer sur le dos des mulets, depuis que les communications montagneuses, quoique directes, ont été délaissées pour les routes qui traversent les pays plats et d'un facile parcours.
Les Massaliotes , qui, dans les premiers temps, n'avaient osé s'aventurer qu'aux alentours de leurs colonies, finirent peu à peu par se répandre dans tout le territoire des Ligures. Ils étaient humbles, timides, savaient habilement flatter ceux auxquels ils voulaient plaire et ne s'avançaient dans une contrée qu'après s'être bien persuadés des intentions bienveillantes des habitants à leur égard. Du reste, s'il y avait pour les Grecs un immense intérêt à Créer, pour ainsi dire, un monopole commercial
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dans ces riches domaines avec des peuples si simples, si nouveaux à l'industrie, c'était aussi un inap^ préciable avantage pour les Gaulois de donner rtiospitalité à des gens qui leur apportaient jusque sous leur toit ces magnifiques étoffes, ces parures précieuses, ces armes éclatantes et commodes qu'ils ignoraient, et dont leur vanité, déjà proverbiale, trouvait tant de bonheur à se parer. — Au fur et à mesure que le crédit des Massaliotes prenait une plus grande consistance, ils créaient des comptoirs dans l'intérieur et se mêlaient plus familièrement avec les indigènes. Les Ligures, puis successivement les autres peuples de la Gaule, subirent presque à leur insu cette influence douce , irrésistible , qu'exerce toujours un peuple intelligent, habile, éclairé» Sîur une nation barbare . Ce n'était pas uniquement, on le comprend , des marchandises qui s'échangeaient dans ces rapports intimes, c'était encore des mœurs, des habitudes, des connaissances différentes ; « On » peut se figurer aisément , dit M. A. Thierry, » l'empire exercé par le commerce massaliote sur i> la civilisation des indigènes. Il fallut que ces » nations apprissent à connaître les monnaies et les 2> signes numériques ; par conséquent l'alphabet » du peuple avec lequel elles étaient en relation » continuelle et nécessaire. Des traités politiques » durentètrc conclus, des conventions particulières