RAPPORTS INDUSTRIELS DES VÉLAUNES
passées entre le gouvernement et les individus des deux races ; et ces écrits furent rédigés dans la langue des Massaliotes. Aussi les Romains trouvèrent-ils les nombres et l'alphabet grecs employés même parmi les tribus barbares du Nord. Ils trouvèrent également, ce qui les surprit davantage, la coutume de rédiger certains contrats en langue hellénique ; mais ils attribuèrent faussement à une influence littéraire ce qui n'était que pure nécessité commerciale. Les érudits modernes se sont perdus en contestations et en suppositions ridicules sur ce fait, l'un des plus simples de l'histoire de la Gaule ; comme si nous n'avions pas chaque jour sous les yeux des fidts analogues ; comme si , chaque jour , nos gouvernements et nos marchands ne traitaient pas, par écrit et dans nos langues européennes, avec des sauvages qui ignorent ces langues et l'usage même de l'écriture (1). »
Quand nous disions que les Vélaunes étaient topographiquement placés de façon à servir d'intermédiaires aux Grecs établis de l'autre côté des Cévennes et aux peuples du centre des Gaules, nous avions mieux que des conjectures pour le justifier.
(1) Histoire des Gaulois, par Anoédée Thierry, vol. ii, partie ii| chap. 1, p. 154.
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En effet : Strabon, parlant des modes de transport usités par les Massallotes^ cite au premier rang la route directe, joignant la côte de la Méditerranée aux sources delà Loire, à travers les Gévennes (1). Donc, si la principale voie de terre, préférée aux embarcations sur le Rhône que les bateaux grecs et gaulçis ne remontaient qu'avec beaucoup de temps et de danger, passait par la Yellavie pour desservir une portion considérable de la Celtique, évidemment nos assertions étaient fondées. D'ailleurs, tout ce qui dans un pays témoigne d'une influence étrangère se retrouve dans l'antique Yelay, à propos des
(1). . . Pour éviter môme le trajet du Rbône que les frôles bateaux massaliotes et gaulois ne remontaient qu'avec beaucoup de temps et de danger, une route de terre fut établie directement entre la côte de la Méditerranée et la haute Loire, en traversant les Gévennes. — Cependant, comme le Rhône est difficile à remonter à cause de sa rapidité, il y a des marchandises que Ton préfère porter par terre au moyen de charriots ; par exemple, celles qui sont destinées pour les Arvemi, et celles qui doivent ôtre embarquées sur la Loire» quoique ces cantons avoisinent en partie le Rhône. Un autre motif de cette préférence est que la route est unie, et n'a que 800 stades environ. On charge ensuite ces marchandises sur la Loire, qui offre une navigation commode. Ce fleuve sort des Gévennes et va se jeter dans l'Océan. — Strabon, lib. iv, p. 189.— Traduct. par Goray, t. II, p. 36. — Voir aussi VHistoire des Gaulois d'Amédée^Thierry, part ii, cbap. 1.
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Grecs, N'eussions-nous pas le document géograpliique de Strabon, il suffirait de consulter les vieux vocabulaires de nos idiomes montagnards, surtout les anciens tableaux de statistique locale, pour les trouver tous remplis de locutions helléniques. La main en bronze, cette œuvre grecque, adressée avec une inscription grecque aux Vélaunes, ne serait-elle pas encore une preuve des rapports spéciaux qui imissaient cette contrée aux colonies massaliotei3 ?
M. le vicomte de Becdelièvre, qu'inspira toujours le sentiment artistique dans ses recherches sur nos antiquités, ne partage pas l'opinion émise par Montfaucon. Suivant lui, ce n'est point de l'Auvergne, c'est plutôt d'une colonie phocéenne que fut envoyé l'antique symbole. Marseille dutchercher à établir des relations de commerce avec les provinces de l'intérieur. Or, le monument certifie que sinon cette ville, du moins quelqu'une du Uttoral contracta une alliance avec les populations de nos montagnes ; partant, l'antiquaire se croit fondé à dire que le style grec , la belle exécution de cette main , prouvent qu'elle venait de l'une de ces colonies-mères d'où les arts s'étaient propagés chez les Volces. — Cette opinion est au moins fort ingénieuse, car il est évident qu'en Auvergne on n'aurait pu, à cette époque, réaliser un objet d'art aussi parfait. C'était seulement