‹ Histoire du Velay (volume 4)Chapitre 60 sur 131 · LE VELAY AU IIP SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE VELAY AU IIP SIÈCLE

Il vint un temps où tout le monde finit par se croire bon à faire un empereur. — Les soldats, arbitres suprêmes des destinées du monde, mettent le sceptre à l'enchère, égorgent l'élu de la veille pour courir à l'acquéreur du lendemain. Le dernier mot de Sévère à Caracalla : Enrichis les hormnes de

178 LE VELAY AU in« SIÈCLE.

guerre, ne t'embarrasse pas des autres, résume la politique du commencement du troisième siècle. « Mais cette politique n'était guère bonne que pour » un règne, dit Montesquieu, car le successeur ne » pouvant plus faire les mêmes dépenses était » d'abord massacré par l'armée: de façon qu'on » voyait toujours les empereurs sages mis à mort par » les soldats, et les méchants par des conspirations j ou des arrêts du Sénat (1). » — A Pertinax, soldat de fortune, assassiné, succèdent le sâoateur Didius Julianus, assassiné, et l'africain Septime-Sévère. — Caracalla ouvre son règne en tuant de ses propres mains son frère Géta; néanmoins, ce prince de triste mémoire signale son passage sur le trône en octroyant le droit de bourgeoisie à tous les sujets de l'empire . Après sept ans de tyrannie, Caracalla est à son tour assassiné parMacrin, son successeur, qui tombe presque aussitôt sous le glaive d'un^ soldat. — Héliogabale est massacré, Alexandre subil le même sort. « Ainsi, aJQute Montesquieu , » tyran qui ne s'assurait point la vie mais le pou- » voir de faire des crimes, périssait avec ce funest^^ » avantage, que celui qui voudrait faire mieux péri- > rait après lui. » — Maxime et Balbin tomben"

(1) Montesquieu, Grandeur et décadence des Romains cliap. 16.

Page 1