‹ Histoire du Velay (volume 4)Chapitre 62 sur 131 · LE VELAY AU IIP SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE VELAY AU IIP SIÈCLE

telligent et vraiment national. Le sénateur Tétricus, président de l'Aquitaine, fut le cinquième et dernier tyran qui revêtit la pourpre dans les Gaules. Bientôt il livra son sceptre à Aurélien qu'il appela à son secours. « Fondé sur une révolte, dit l'auteur » de Y Ancienne Auvergne, cet empire s'écroula par » les trahisons. » — C'est à cette époque, sous le règne d' Aurélien, de 270 à 275, que Grégoire de Tours fixe l'irruption de Chrocus, roi des Allamans. Ce terrible barbare traverse le Rhin , dévaste toutes les villes de la Germanie , s'avance à grands pas à travers les Gaules, pille, brûle, renverse boutades, châteaux et, de préférence, les monuments les plus antiques : unAversas Gallias pervagaPu/r, cuncta^qu^, œdes, qusB antiquitiùs fabricatsp fuerant, à fundok^ mentis subverUt (1). Il désole tout le pays des Ar— vernes, ruine jusque dans ses fondations leur fameux temple de Vasso, d'une solidité et d'une grandeur pourtant prodigieuse, puisque les murs en diton, étaient doubles et d'une épaisseur de trente pieds romains (treize mètres environ); puis, après le massacre de six mille chrétiens, traverse le Velay, y exerce d'aussi cruels ravages, s'avance dans le midi sous les murs d'Arles , où il est arrêté par Marius, l'un des tyrans de la Gaule. « Guerres civiles, dit

(1) Greg. Turon., Historia ecclesiastica Fra/ncorum.

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1 Gh&teaubriand, invasion générale des barbares , 1 territoire démembré , provinces saccagées, plus 1 de cinquante princes élevés et précipités , tel est » le spectacle qu'on a sous les yeux pendant un > demi-siècle, jusqu'au règne de Dioclétien , où le 1 monde se reposa dans d'autres malheurs. »

C'est à partir de Gallien et des trente tyrans que Winkehnann fixe la décadence totale de l'art. Partout on prend les armes pour se défendre contre les oppressions de l'intérieur, pour repousser les invasions qui débordent sur l'empire et le ravagent impitoyablement. — Il nous semble que le savant archéologue, dont les études portent sur les antiquités de la Grèce et de Rome bien plus que sur celles des Gaules, signale le complet déclin des arts d'une manière trop absolue. Très-certainement la décadence dut marcher d'un pas autrement rapide dans le cœur de l'Italie, à travers les sanglantes intronisations d'empereurs , que dans le fond de nos paisibles provinces où l'assassinat d'un prince n'était pas encore appris que déjà son successeur était assassiné. Si d'ailleurs il est vrai , comme l'assurent de nombreux critiques (1), que Grégoire de Tours

(1) Nous avons déjà dit que la date de l'irruption de Cbrocus présentait quelque incertitude. De savants critiques se croient fondés à la reculer jusqu'aux règnes d'Honoriuset d'Arcadius

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ait commis mie errem*; si l'invasion de Ghrociis ne fut réellement accomplie que sous Honorius et Arcadius, en 407, plus d'une circonstance dif&dle à expliquer sera facilement résolue ; et le Velay, pour quelques années encore à l'abri de prochains désastres, poursuivra la carrière que les deux premiers siècles lui ont si glorieusement ouverte. — Chosesingulière, en effet ! presque toutes les pierres itinéraires trouvées dans la Vellavie , celles qui témoignent de créations ou de réparations plus ou

importantes de chemins publics, datent de cett^^s époque. Les colonnes de Chomelix , de Boutbomllou, de Borne, de Samt-Jea/n-de-Nay^ désignen~ Alexandre-Sévère, Maximinus, Jules Philippe, sianus Latienus Postumus, un des usurpateurs don t les Gaules reconnurent et proclamèrent la souveraineté. C'est précisément au milieu du troisièmsiècle que la cité libre des Vellaviens éleva à l'imp^ ratrice Etrucilla, femme de Trajan Dèce, un moni ment dont nous chercherons bientôt les restes, m\ dont la date positive se trouve éternellement coi

(vers l'année 407 de l'ère vulgaire), et ils se fondent sur Ib texte de Frédégaire, qui fait de Cbrocus un roi des Vandal^^» et le met en tiers avec les Suèves et les Alains, qui, en eiï^^t, se précipitent sur la Gaule à cette époque, la traversent gd la ravageant, et pénètrent en Espagne. --Ancienne Auvergr^e, 1. 1, p. 201.

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