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pis en albâtre oriental, trouvée à Ruessium (1), on est encore à produire les moindres restes de cette nature ; mais, lors même que le hasard en aurait fourni quelques morceaux à nous inconnus, n'est-il pas évident que dans le Velay la ruine des monuments antiques, temples, palais ou théâtres, fat précédée d'une dévastation générale? Le sentiment religieux :iui porta les premiers chrétiens à briser les images des divinités proscrites ne vint que lorsque la cupidité des ravageurs de l'empire eut fait sa part de toutes les richesses des provinces. Cela parait* vraisemblable ; s'il en eût été autrement, nous trouverions au moins, çà et là, à travers les fragments de frises et de colonnes, ces principaux attributs de la foi païenne , et leur mutilation serait une preuve de plus qu'ils étaient restés debout jusqu'à l'arrivée du premier missionnaire évangélique dans le Velay.
Nous devons à ce sujet poser quelques bases historiques qui trouvent ici naturellement leur place.— Les légendes affirment que ce fut saint Pierre qui délégua dans notre province l'apôtre convertisseur des
(1) Tête de Jupiter-Sérapis, avec le modium, en albâtre oriental, trouvée à Sâint-Paulien, donnée par monseigneur le cardinal de Bonald, alors évêque du Puy. — N" 51 des Antiquités romaines et grecques, p. 24 de la Notice f Musée du Puy).
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infidèles. Nous avons déjà répondu à cette assertion en établissant que les temples gallo -romains, qu'on suppose renversés par saint Georges , n'étaient probablement pas encore construits en ce temps-là Nous verrons plus tard,*par l'étude des dllSérentes antiquités découvertes à Saint-Paulien , à Polignac et au Puy, que la grandeur et la magnificence des restes du paganisme prouvent une certaine durée dans l'exercice de cette religion, par conséquent reportent à une date plus rapprochée de nous l'établissement public du christianisme et la destruction violente des édifices profanes dans le Velay. Quant à la recherche de cette date, eQe ne serait pas non plus chose difficile , alors même qu'on voudrait la faire concorder avec la chronologie des évèques vellaviens. Il sera prouvé, en effet, que saint Vosy transféra le siège épiscopal de Ruessium à Amcmrn après avoir construit l'église angéUque, en l'année 550 environ. Or, comme ce prélat est le septième du catalogue général et que ses prédécesseurs se sont succédé jusqu'à lui sans interruption on aura, en remontant, l'époque assez approximative des premières prédications de l'Evangile dans nos montagnes. Les légendes, il est vrai, ne nous ont pas fait connaître la durée des épiscopats ; mais nous pourrons y suppléer en prenant pour chacun le chiffre moyen de vingt années ; chiffre
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sacrifices, de briser les instruments d'idolâtrie et de Tenner les temples des dieux. — Les fils de Tbéodose st leurs successeurs marchèrent dans les mêmes roies. De toutes parts on démolissait les sanctuaires profanes; saint Martin^ éyêque de Tours, fut un des plus ardents destructeurs. — En 407, sous Honorius, les Alains, les Vandales et les Suèves envahirent les Gaules. C'est à cette date que Frédégaire fixe les invasions de Ghrocus qu'il fait le chef de ces hordes dévastatrices. « Rien n'échappe à leur » fureur, dit Prosper d'Aquitaine, ni les châteaux » élevés sur la ctme des rocs, ni les villes bâties » sur les plus hautes montagnes, ni les temples, ni I» les autels, ni l'homme du peuple, ni le patricien, » ni le vieillard , ni l'enfant , ni la vierge , ni la » veuve, ni le prêtre, ni le laïque. » Mentionnons ici, conunc un fait important, l'ordonnance d'Honorius par laquelle les intérêts communs des sept provinces de la Gaule méridionale durent désormais être traités dans des assemblées annuelles, composées du président et des principaux citoyens de chaque province (1). — En 417, un traité entre
(1) Ces assemblées, tenues à Arles, et dont la session durait des Ides d'août à celles de septembre, devaient être présidées par le préfet du prétoire. « Il est permis de voir dans l'ordonnance d'Honorius, dit M. Michel, le germe de ces Etats de Languedoc, de Provence, de Daupbiné qui, sous l'ancienne
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Honorius et Ataulfe , chef des Goths, abandonne à.
celui-ci la deuxième Aquitaine, quelques portions
de la première Narbonnaîse et de la NoYempopula
nie. Dès lors la première Aquitaine se trouve placée sur les frontières méridionales de l'empire (1).
Théodoric, successeur d'Ataulfe, s'empare des viU romaines les plus voisines de son royaume et s'éten jusqu'au pied des Ce venues. — En 448, la Gaule es occupée par quatre peuples qui ne connaissent pi la domination impériale, qui ont des chefs et un gouvernement à eux. Ces quatre peuples sont : i^au midi de la Loire, les Visigoths; 2^ au nordest, en-deça et au-delà des Vosges, les Bv/rgondes ;
monarchie française, donnaient à la France méridionale une allure si indépendante et si fière, au milieu de Fasservissement général. »
(1) Nous n'avons pas cru devoir indiquer à leur endroit tes divers remaniements que subirent les provinces gauloises. Il nous suffira seulement de rappeler que, de 4 sous Auguste, le nombre s'élevait à 13 sous Constantin, à 17 sous Honorius
L'Aquitaine, séparée en deux parts, dont l'une garda l'ancien nom et l'autre prit celui de Novempopulanie, fut, postérieurement à cette deuxième division, partagée en première et en deuxième Aquitaine et en Novempopulanie. — La première Aquitaine^ dont Bourges devint ia métropole, comprenait les cités des Bituriges, des Arvernes, des Ruthènes, des Albiens, des Cadurl^es, des Lémovilces, des Gabales et des Vélaunes. — Voir la note 33, p. 6^, t. 1, de VEistoire du Languedoc,
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o au nord, les Francs ; 4» dans la Bretagne armoicaine, les Bretons^ rentrés dans la plénitude de ;ur indépendance et dans la libre jouissance de ïurs vieux usages. « Faibles encore, dit M. Fauriely n'ayant les uns avec les autres aucun rapport bien marqué^ ces divers peuples s'agitaient de tout leur pouvoir pour s'agrandir aux dépens de Tempire auquel ils étaient hostiles par la nécessité même de leur position. Mais un événement . imprévu vint tout-à-coup suspendre leurs ten- » dances personnelles, les unir momentanément * entre eux, et eux tous à l'empire. Cet événement » fut l'apparition d'Attila dans les Gaules. »
Le milieu du V« siècle vit la course fatale de ce ;errible ravageur du monde qui,'à la tête de sesfornidables Tartares, passa sur nos provinces comme ie moissonneur sur un champ de blé. Les Francs, )Ous la conduite de Mérovée, unis aux Romains, lux Visigoths et aux Bourguignons , livrèrent en i51 plusieurs batailles à ces hordes barbares et les chassèrent des Gaules. Cet exploit, dit-on, valut au chef des Francs l'insigne honneur de donner son nom à la première race de nos rois. Ce fut probablement à cette époque ou peu d'années après que les Visigoths, qui ne cherchaient que ne favorables occasions d'étendre leur royaume , prétendirent que le traité de 417 comprenait ime cession